Mali innove avec une approche hybride de vaccination contre le paludisme
le Mali pionnier d’une stratégie révolutionnaire contre le paludisme
À l’occasion de la journée mondiale contre le paludisme, le Mali marque l’histoire en devenant le premier pays au monde à adopter une méthode hybride de vaccination pour protéger ses jeunes enfants.
Avec 3,1 % des cas mondiaux et 2,4 % des décès liés au paludisme en 2023, le Mali figuraient parmi les 11 pays les plus touchés par cette maladie en Afrique. Pour y faire face, le pays a choisi d’innover avec une stratégie vaccinale hybride, combinant administration systématique et saisonnière du vaccin R21/Matrix-M. Cette approche, première mondiale, cible les enfants de 5 à 36 mois, avec trois doses initiales suivies de deux rappels avant la saison de forte transmission.
Le déploiement initial concerne 19 districts répartis dans cinq régions clés : Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou et Sikasso. Le pays dispose d’un stock de 927 800 doses pour démarrer cette campagne d’envergure. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme élargi de vaccination (PEV) du Mali, soutenu par des partenaires majeurs comme Gavi, l’UNICEF et l’OMS.
une stratégie adaptée aux réalités locales
Le paludisme au Mali présente une forte saisonnalité, avec une recrudescence entre juillet et décembre. La vaccination saisonnière permet d’aligner la protection vaccinale sur les périodes de risque maximal. Les données issues de recherches menées localement confirment l’efficacité de cette méthode pour réduire l’impact de la maladie.
Le Ministre de la Santé et du Développement social, Colonel Assa Badiallo Touré, a salué l’engagement de toutes les parties prenantes : « Ce processus a mobilisé des efforts considérables. Je remercie les chercheurs dont les travaux ont permis la recommandation des vaccins RTS,S et R21 par l’OMS. Cette avancée est une victoire collective pour le peuple malien. »
le rôle clé des partenaires internationaux
Gavi, l’Alliance du vaccin, coordonne le programme mondial de vaccination antipaludique en collaboration avec les pays et partenaires. La Dre Sania Nishtar, Directrice générale de Gavi, a souligné : « L’engagement du Mali à sauver des vies est exemplaire. Avec plus de 24 millions de doses livrées en Afrique, nous devons maintenir les financements pour étendre cette protection à tous ceux qui en ont besoin. »
L’UNICEF joue un rôle essentiel dans la distribution des vaccins et la mobilisation des communautés. Le Dr Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF au Mali, a déclaré : « Après 35 ans de recherche, ce vaccin représente un outil puissant pour protéger nos enfants. Cependant, il doit s’accompagner des mesures de prévention existantes. »
L’OMS a coordonné les évaluations pilotes des vaccins RTS,S/AS01 et R21/Matrix-M, montrant une réduction de 13 % de la mortalité chez les enfants vaccinés. Le Dr Patrick Kabore, Représentant de l’OMS au Mali, a qualifié cette avancée de « primordial pour consolider la lutte contre le paludisme. »
combiner vaccination et prévention existante
Le vaccin complète les mesures déjà en place au Mali, telles que les moustiquaires imprégnées, la chimioprévention saisonnière, le traitement préventif intermittent pendant la grossesse et la pulvérisation intradomiciliaire. Le Dr Kabore a rappelé que « cette approche intégrée maximise l’impact contre la maladie. »
l’Afrique en marche contre le paludisme
Le Mali rejoint 19 autres pays africains ayant introduit le vaccin antipaludique. Depuis 2023, plus de 24 millions de doses ont été distribuées sur le continent. Les premiers résultats, notamment au Cameroun, confirment l’efficacité de cette stratégie. D’ici fin 2025, 13 millions d’enfants supplémentaires devraient être protégés en Afrique.
pourquoi une approche hybride ?
La transmission du paludisme au Mali étant fortement saisonnière, l’administration des doses saisonnières avant la période de risque maximal permet d’optimiser la protection. Les données probantes montrent que cette méthode augmente significativement l’efficacité du vaccin.
cibler les enfants pour maximiser l’impact
Les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables, représentant plus de 75 % des décès liés au paludisme. Leur exposition limitée ne leur permet pas de développer une immunité naturelle, d’où l’importance de cette vaccination ciblée.
efficacité et sécurité des vaccins
- Efficacité prouvée : Les vaccins RTS,S/AS01 et R21/Matrix-M, préqualifiés par l’OMS, réduisent de plus de moitié les cas de paludisme la première année. Une quatrième dose prolonge la protection.
- Protection saisonnière optimale : En zones de transmission élevée, l’administration saisonnière des doses réduit de 75 % les cas de paludisme.
- Ciblage du parasite mortel : Ces vaccins agissent contre P. falciparum, responsable de la majorité des décès en Afrique.
des programmes adaptés aux contextes nationaux
Chaque pays adapte son déploiement selon ses défis. Exemples :
- Nigéria : Déploiement progressif dans les États de Kebbi et Bayelsa, avec plus de 800 000 doses distribuées.
- Tchad : Intégration du vaccin dans un triple déploiement contre le paludisme, la pneumonie et la diarrhée.
- Soudan et RDC : Intégration dans les plans de riposte en contextes fragiles.