Lutte contre la corruption au Mali : un bilan 2024 toujours préoccupant
Le Mali face aux défis persistants de l’Indice de perception de la corruption 2024
Le dernier rapport de Transparency International, dévoilé en février 2025, place le Mali à la 136e position sur 180 nations évaluées. Avec une note de 28 sur 100, le pays stagne dans une zone critique, révélant les obstacles majeurs qui entravent encore la transparence et la bonne gouvernance au sein de l’État.
Selon cette analyse, les structures de contrôle nationales subissent un affaiblissement marqué. L’opacité entoure régulièrement la passation des marchés publics, tandis que la gestion des deniers de l’État manque de clarté, entretenant un sentiment de méfiance généralisé au sein de la population.
Une administration publique sous pression
Le secteur public est particulièrement pointé du doigt. Qu’il s’agisse de la justice, de l’éducation ou de la santé, l’accès aux services fondamentaux est trop souvent freiné par des pratiques de favoritisme ou l’exigence de pots-de-vin. Cette situation favorise un sentiment d’impunité chez les dirigeants et fragilise le lien de confiance entre les citoyens et les institutions. Les constats dressés par le Bureau du Vérificateur Général ainsi que par l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) viennent corroborer ces difficultés systémiques.
Le contexte régional en Afrique de l’Ouest
Le Mali n’est pas le seul pays de la sous-région à peiner sur ce terrain. En Afrique de l’Ouest, les performances globales restent décevantes. Le Nigeria, moteur économique régional, affiche un score de 25/100, plombé notamment par des détournements dans l’industrie pétrolière. Le Burkina Faso, en période de transition, obtient un score de 30/100, restant bien en deçous de la moyenne de 50, synonyme d’intégrité administrative.
À l’opposé, le Ghana parvient à se maintenir parmi les nations les plus vertueuses de la zone avec un score de 43/100, malgré un léger recul par rapport aux années précédentes.
L’Afrique subsaharienne face à l’urgence climatique
Avec une moyenne régionale de 32 sur 100, l’Afrique subsaharienne demeure l’une des zones les plus vulnérables à la corruption mondiale. Transparency International tire la sonnette d’alarme sur la gestion des futurs fonds climatiques. Sans une surveillance rigoureuse, ces ressources destinées à l’adaptation environnementale pourraient être détournées, privant les populations les plus fragiles d’un soutien vital.
Les pays les plus durement touchés par ce fléau incluent la Somalie (11/100), le Soudan du Sud (13/100) et la République centrafricaine (19/100), où l’instabilité et les conflits ont déstructuré les institutions publiques.
Les modèles mondiaux de transparence
À l’échelle internationale, l’Europe du Nord domine toujours le classement de l’intégrité. Le Danemark occupe la première place mondiale avec un score exceptionnel de 90/100, suivi de près par la Finlande (88) et la Norvège (87). Des pays comme l’Allemagne (79) et le Canada (75) conservent également des standards élevés de probité publique.
Les nations au bas du classement mondial
En queue de peloton, on retrouve des États marqués par des crises profondes et une absence de stabilité politique :
- Somalie : 11/100
- Soudan du Sud : 13/100
- Syrie : 14/100
- Venezuela : 14/100
- Yémen : 16/100
Pour le Mali, l’organisation préconise un renforcement urgent de l’indépendance judiciaire, une protection accrue pour ceux qui dénoncent les abus et une refonte du cadre légal. Sans ces transformations structurelles, la corruption continuera de freiner l’essor économique et de déstabiliser l’équilibre politique du pays.