Le Sénégal peut-il réellement compter sur Sonelgaz pour bâtir son indépendance énergétique ?
Après avoir étendu son influence au Mali, au Niger, au Cameroun, au Bénin et en Mauritanie, le géant algérien de l’énergie Sonelgaz pose désormais ses valises au Sénégal. Une question cruciale se pose : ce partenariat peut-il véritablement transformer le paysage énergétique sénégalais et accélérer son indépendance ?
La signature de deux mémorandums d’entente avec la Senelec, la société nationale d’électricité du Sénégal, ce samedi, marque une nouvelle étape dans la stratégie d’intégration énergétique africaine portée par Alger.
L’Algérie accélère sa diplomatie économique sur le continent. Samedi 3 octobre, le ministre de l’Énergie et des Énergies Renouvelables, le Dr Mourad Adjal, a reçu son homologue sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf. Au menu des discussions : le transfert du savoir-faire algérien et l’accompagnement du Sénégal dans le développement de ses infrastructures électriques et gazières.
Sonelgaz, moteur de la diplomatie énergétique algérienne en Afrique
La dynamique est limpide. L’Algérie ne se contente plus d’exporter ses hydrocarbures ; elle exporte désormais son ingénierie. Après avoir multiplié les partenariats et les projets d’infrastructures avec le Mali, le Niger, le Cameroun, le Bénin et la Mauritanie, Sonelgaz jette son dévolu sur l’Afrique de l’Ouest.
Lors de cette rencontre de haut niveau, le Dr Mourad Adjal a réaffirmé la volonté d’Alger d’accompagner le Sénégal sur toute la chaîne de valeur : de la production d’électricité à la distribution de gaz, en passant par la fabrication d’équipements électriques et la formation de cadres.
Le gaz naturel, nouveau levier de coopération avec la Senelec
Le Sénégal, qui s’apprête à rejoindre le cercle des pays producteurs de gaz, cherche des partenaires expérimentés pour valoriser ses ressources. C’est là que l’expertise de Sonelgaz devient un atout majeur. Les échanges ont largement porté sur la production d’électricité à partir du gaz naturel, un domaine où l’Algérie excelle.
Cette volonté de mutualiser les compétences s’est concrétisée par la signature de deux mémorandums d’entente entre le groupe Sonelgaz et la Senelec. Ces accords couvrent :
- Le transfert de compétences et l’assistance technique ;
- La fabrication et la commercialisation d’équipements électriques ;
- Le développement des infrastructures énergétiques ;
- Le renforcement de l’interconnexion électrique.
Un partenariat jugé fiable par Dakar
Pour Dakar, le choix de l’Algérie ne doit rien au hasard. Le ministre sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable sur lequel le Sénégal s’appuiera au cours de la prochaine étape ». Saluant l’expertise algérienne, il a rappelé que l’énergie reste le moteur stratégique du développement de son pays.
Cette alliance s’inscrit parfaitement dans la vision d’une coopération Sud-Sud mutuellement bénéfique. En s’appuyant sur un champion continental comme Sonelgaz, le Sénégal espère accélérer son indépendance énergétique tout en bénéficiant de coûts de développement optimisés.
Un accord gouvernemental global attendu à Dakar en décembre
L’offensive sénégalaise de Sonelgaz n’en est qu’à ses prémices. Cette rencontre fructueuse à Alger pose les jalons d’un partenariat politique et économique encore plus vaste. Les deux pays ont d’ores et déjà pris rendez-vous : un accord gouvernemental global dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables sera signé à Dakar début décembre.
Avec ce nouveau déploiement, le groupe Sonelgaz confirme son ambition de devenir le leader incontesté de l’électricité et du gaz sur le continent africain, consolidant ainsi la position de l’Algérie comme puissance énergétique régionale.
