Samedi dernier, lors de l’assemblée générale constitutive de son nouveau mouvement politique au King Fahd Palace, le président Bassirou Diomaye Faye a choisi ses mots avec une précision chirurgicale. En évoquant les victimes des crises politiques récentes, il a livré un message puissant : « Leur mémoire ne nous demande ni vengeance ni silence. Elles nous demandent de faire en sorte que plus jamais dans ce pays un désaccord politique ne coûte une vie. » Ces propos, bien que mesurés, résonnent comme un appel solennel à la responsabilité collective.
Mais c’est la phrase suivante qui a fait l’effet d’une bombe : « Dans ce pays, celui qui bouscule la quiétude ne s’y épanouira plus. » Sans citer explicitement Ousmane Sonko, le sous-texte est clair. Plusieurs analystes y voient une réponse directe aux méthodes politiques souvent perçues comme conflictuelles de l’opposant. Cette tension grandissante entre les deux figures majeures de l’exécutif s’inscrit dans un contexte de recomposition politique intense.
Le lancement du nouveau parti présidentiel et les départs remarqués au sein du Pastef ont en effet marqué une rupture nette avec l’alliance passée. Les observateurs s’accordent à dire que cette rivalité, autrefois dissimulée, prend désormais une dimension publique et assumée. Si le président Faye prône l’apaisement, son discours laisse peu de place à l’ambiguïté : la paix civile ne sera pas négociable.
