Le Mali reçoit un soutien financier majeur pour renforcer son système de santé
WASHINGTON – La Banque mondiale, via l’Association Internationale de Développement (IDA), a récemment validé un crédit de 100 millions de dollars. Ce financement substantiel est alloué au Mali dans le but d’accroître l’accessibilité et l’utilisation de services de santé essentiels, notamment en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et nutritionnelle (SRMNEA+N) de haute qualité. Il vise également à renforcer de manière significative la préparation aux urgences sanitaires au sein de zones spécifiquement ciblées du pays.
Le projet, intitulé Promouvoir la résilience du système de santé inclusif pour tous au Mali, Keneya Yiriwali (signifiant en Bambara), adopte une approche de Financement Basé sur les Résultats (FBR). Son objectif principal est d’améliorer la qualité globale des services de santé fondamentaux, avec un accent particulier sur les soins SRMNEA+N. Pour ce faire, il prévoit d’élargir la couverture géographique et d’intervenir à des niveaux supérieurs de la pyramide sanitaire. Le financement sera dirigé vers l’acquisition d’intrants nécessaires et l’octroi de paiements basés sur la performance, dans les régions et les établissements scolaires désignés, en fonction des ressources disponibles. Cette stratégie vise à optimiser l’efficacité de la prestation de services et leur disponibilité. L’extension du projet englobe des zones et communautés vulnérables aux impacts climatiques, les hôpitaux régionaux et les infirmeries scolaires. Une attention particulière est portée à la santé des adolescents, aux situations d’urgence liées au climat, ainsi qu’à la préparation et la riposte aux pandémies. Enfin, le projet s’efforcera d’améliorer la qualité des dépenses dans le secteur de la santé grâce à une gestion budgétaire plus rigoureuse, une défragmentation du financement de la santé et l’implémentation de systèmes d’information reliant directement les budgets aux performances.
« L’élargissement du Financement Basé sur les Résultats, en intégrant les risques climatiques, qu’ils soient énergétiques ou liés à la gestion des urgences, constitue un moteur essentiel pour l’amélioration de l’offre de soins qualitatifs aux populations dans le cadre du projet Keneya Yiriwali », a souligné Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali. Elle a ajouté que « ce projet s’appuie sur les réalisations du programme Accélérer les Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle (PACSU), qui a déjà significativement amélioré l’accès aux soins, la qualité des services, la disponibilité des médicaments et la satisfaction des patients dans neuf régions administratives du Mali. Le FBR s’est avéré être un levier de transformation, renforçant les capacités des infrastructures sanitaires, stimulant le recrutement local, favorisant le développement des infrastructures et l’équipement des laboratoires à travers le pays. »
Le montant total de cette opération de l’IDA s’élève à 125 millions de dollars. Il est constitué du crédit de 100 millions de dollars de l’IDA et d’une subvention complémentaire de 25 millions de dollars de la Facilité de financement mondiale (GFF). Une part de cette subvention, soit 15 millions de dollars, provient du gouvernement des Pays-Bas via un cofinancement avec la GFF. Ce partenariat stratégique a été déterminant pour la mise en œuvre réussie de l’approche FBR de 2020 à 2024, notamment à travers le projet PACSU au Mali.
« En capitalisant sur un soutien préexistant, la subvention de la GFF et le financement conjoint avec le gouvernement des Pays-Bas établiront une solide synergie au Mali pour optimiser les services de santé destinés aux femmes, aux enfants et aux adolescents », a affirmé Luc Laviolette, chef du secrétariat de la GFF. Il a précisé que « l’investissement dans un système de santé plus résilient et inclusif est crucial pour garantir la satisfaction des besoins des communautés les plus isolées et les plus affectées par les changements climatiques. »
Le projet Keneya Yiriwali est principalement destiné à bénéficier aux femmes, aux adolescentes et aux enfants, englobant une population totale d’environ 15,4 millions d’habitants. Cela inclut 3 millions d’enfants de moins de 5 ans et 3,4 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans. La zone de couverture du projet s’étendra au-delà des régions initialement prises en charge par le PACSU – à savoir Gao, Mopti, Douentza, Bandiagara, San, Ségou, Koulikoro, Dioila et Nara – pour inclure de nouvelles régions caractérisées par des taux de pauvreté élevés, telles que Tombouctou, Bougouni, Koutiala et Sikasso, ainsi que la Commune VI du district de Bamako.
L’Association internationale de développement (IDA) représente l’entité de la Banque mondiale dédiée à l’assistance des nations les plus démunies. Fondée en 1960, l’IDA octroie des subventions et des prêts à des conditions très favorables, voire nulles, dans le but de financer des projets et des programmes visant à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables. L’IDA figure parmi les principaux pourvoyeurs de fonds pour les 76 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 se situent sur le continent africain. Les ressources de l’IDA ont un impact positif sur la vie de 1,6 milliard de personnes. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des initiatives de développement dans 113 pays. Le volume annuel de ses engagements a atteint en moyenne 21 milliards de dollars au cours des trois dernières années, avec environ 61 % de ce montant alloué à l’Afrique.