Le commerce illégal d’or en République centrafricaine : les mercenaires russes ont une part de jeu
Une économie de conflit
L’instabilité en République centrafricaine (RCA) depuis au moins 2004 a permis aux mercenaires russes du groupe Wagner de s’implanter dans l’économie du pays. En 2018, le gouvernement avait invité les mercenaires russes pour rétablir l’ordre et mettre fin à la guerre civile.
À partir de 2019, Wagner avait plus de 1 000 mercenaires en Centrafrique, intégrés dans les institutions politiques, économiques et sociales du pays. Les mercenaires russes ont utilisé la force et l’intimidation pour infiltrer les marchés locaux et s’assurer une prise de pied au sein du gouvernement.
Une coopération avec le gouvernement
Le groupe Wagner a construit une « chaîne d’approvisionnement en carburant illicite » pour financer ses opérations militaires conjointes avec le gouvernement et ses opérations minières. Les forces russes et rwandaises ont reconquis des régions minières clés dans le pays, interdisant aux groupes armés de contrôler ce territoire.
Les gains financiers
La participation des mercenaires russes est évidemment transactionnelle. L’objet de leur croissance est de combiner la sécurité, l’économie et la politique pour contrôler les ressources naturelles afin de « pérenniser l’influence à long terme de la Russie ».
Les sanctions contournées
L’accord sécuritaire entre la Russie et la RCA est unique sur le continent, mais le souhait russe de saisir les ressources des pays africains, notamment l’or, ne l’est pas. Les forces russes ont saisi l’or africain à hauteur de plus de 2,5 milliards de dollars entre février 2022 et la fin 2023.