Le Cameroun vu par Jean Claude Mbede : deux ethnies seulement ?

Politique

Jean Claude Mbede : « au Cameroun, il n’y a en réalité que deux ethnies »

Dans une tribune percutante, l’écrivain camerounais en exil depuis deux décennies décrypte les mécanismes du tribalisme dans son pays d’origine, là où les privilèges et les préjugés façonnent les destins.

Une révélation sur les coulisses du pouvoir au Cameroun

Dans une tribune publiée par un journaliste camerounais vivant en Italie, ce dernier expose avec franchise les réalités souvent occultées du tribalisme camerounais. Son analyse, nourrie d’expériences personnelles, met en lumière les inégalités structurelles qui traversent la société.

L’auteur y partage un échange marquant avec une connaissance originaire du Grand Nord. Cette personne, diplômée de prestigieuses institutions comme l’ESSTIC et l’IRIC, issue d’une famille aisée, a osé déclarer : « Le pays est difficile, sauf pour les Betis qui contrôlent tout et ne réussissent qu’entre eux. » Une remarque qui a profondément heurté le rédacteur, lui-même en exil depuis près de vingt ans.

Cette amie, pourtant largement avantagée par le système, a suggéré que son exil était une question d’« orgueil ». Selon elle, un simple « pardon » adressé aux Betis aurait suffi à lui ouvrir les portes du Cameroun. Une assertion qui a glacé le sang de l’auteur, confrontant cette vision à la réalité brutale des injustices subies par d’autres.

Il rappelle le cas tragique de Martinez Zogo, dont l’assassinat a choqué le pays. Les responsables de ce crime n’avaient aucune appartenance ethnique particulière. Le malheur et la corruption n’ont pas de nationalité, pas plus qu’ils n’ont de tribu.

Face à cette banalisation de sa souffrance, l’écrivain a adopté une position radicale : il a coupé tout contact avec cette connaissance. Pour lui, le tribalisme des élites, drapé dans des apparences d’intellectualisme, est le plus dangereux de tous.

Une dichotomie sociale plutôt qu’ethnique

L’auteur martèle une vérité simple : au Cameroun, il n’existe en réalité que deux groupes bien distincts :

  • Ceux qui détiennent les clés du système : ces familles qui placent leurs enfants dans les écoles d’élite comme l’IRIC, l’ESSTIC, l’ENAM ou l’EMIA grâce à leurs relations et privilèges.
  • Tous les autres : ces Camerounais issus de milieux modestes, souvent obligés de se battre pour survivre, comme ces vendeurs ambulants vendant de l’eau à la sauvette.

Le clivage n’est donc pas régional, mais bien social. L’auteur appelle à ne plus se laisser abuser par ceux qui, tout en profitant du système, se plaignent d’être marginalisés.

Il conclut en affirmant s’être débarrassé de cette amie, car le tribalisme des privilégiés est une menace insidieuse pour la cohésion nationale.

Jean Claude Mbede Fouda

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