Le 0-0 entériné pour Nantes-Toulouse : la LFP s’explique face à la polémique
Le 17 mai, après l'envahissement de terrain des supporters nantais, le match Nantes-Toulouse avait été interrompu à la 22e minute.

Sébastien Deneux, président de la commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel (LFP), apporte des éclaircissements sur la décision d’acter le score de 0-0 pour le match Nantes-Toulouse, interrompu le 17 mai. Cette résolution est vivement contestée par le club toulousain.

Le 17 mai dernier, la rencontre de la dernière journée de Ligue 1 entre le FC Nantes et le Toulouse FC a été prématurément arrêtée suite à l’intrusion de supporters nantais sur le terrain. La commission de discipline de la LFP a choisi d’entériner le résultat de 0-0, une décision qui ne satisfait pas le TFC, lequel envisage désormais de faire appel.

Le Toulouse FC a exprimé son mécontentement via un communiqué. « Nous déplorons que cette partie n’ait pu se dérouler dans des conditions normales et nous nous interrogeons sur les actions que le club aurait pu entreprendre concrètement, dans un tel contexte, pour assurer la fin du match. Nous resterons également vigilants quant aux potentielles conséquences qu’une telle décision pourrait engendrer à l’avenir », a déclaré le TFC. Le club espérait probablement une victoire sur tapis vert (3-0). Face à cette controverse naissante, Sébastien Deneux, le président de la commission de discipline de la LFP, a tenu à répondre.

« La décision de valider le score du match, alors que l’interruption a été causée par Nantes et ses supporters, soulève de nombreuses questions…
Il faut d’abord souligner que cette option a été intégrée à nos règlements il y a deux ans. Avant cela, en cas de match définitivement arrêté, les seules possibilités étaient la défaite par forfait ou la reprise du match à 0-0. Ensuite, et c’est un aspect crucial ici, ce dossier se distinguait par l’absence totale d’enjeu sportif pour les deux formations au moment de l’arrêt : le FC Nantes était déjà relégué et le TFC, qu’il obtienne un nul ou une victoire, se classait 9e en Ligue 1 avec 45 ou 47 points. En d’autres termes, accorder une défaite ou entériner le score produisait des effets strictement identiques sur le plan purement sportif.

« Il est absolument hors de question que des clubs et les supporters tentent, par leur comportement, d’influer sur le sort du match »

Mais pourquoi avoir opté pour cette décision plutôt que pour la perte du match ?
Les différentes options offertes à la Commission de discipline ont été mises en place précisément pour dissocier au maximum l’aspect sportif des sanctions disciplinaires, et pour éviter tout « effet d’aubaine ». Un club ne devrait pas pouvoir tirer un avantage sportif, non acquis au moment de l’interruption, du comportement des supporters adverses. Dans ce cas précis, le choix s’est porté sur l’officialisation du score, car il est difficile de justifier que le TFC aurait dû remporter sur tapis vert une rencontre interrompue sur un score nul.

Ne craignez-vous pas que cette décision puisse créer un précédent dangereux à l’avenir ?
Non, absolument pas. C’est justement parce que cette décision doit être analysée sous l’angle particulier que j’ai mentionné, à savoir l’absence d’impact sportif. Dans toute autre situation, et sans faire de spéculation disciplinaire, il est quasiment certain qu’une autre décision aurait été prise. Il est impensable que des clubs et leurs supporters puissent chercher à influencer le cours d’un match par une interruption définitive, dans l’espoir d’en tirer un bénéfice quelconque. Nous maintiendrons toujours une vigilance extrême sur ce point. »