L’alliance des états du Sahel face aux défis de la circulation transfrontalière
L’Alliance des États du Sahel confrontée aux obstacles de la libre circulation
Le retrait de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a été présenté comme un acte de souveraineté. Pourtant, cette décision a complexifié les déplacements des personnes et des marchandises entre les pays membres de l’AES et les autres États ouest-africains.
Les documents administratifs — passeports, cartes d’identité, permis de conduire — posent désormais problème aux ressortissants des trois pays de l’AES souhaitant voyager au sein de l’espace Cédéao.
Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, partage son expérience :
« Les difficultés concernent notamment la carte grise internationale et le permis international. L’assurance Cédéao, par exemple, complique les voyages dans l’espace AES. Avec une carte d’identité du Niger, à l’arrivée en Côte d’Ivoire, les autorités refusent parfois de reconnaître son authenticité en l’absence de date d’expiration. Avant 2024, il existait des cartes d’identité Cédéao valables pour voyager. Aujourd’hui, leur absence et les exigences variables des frontières crééent des obstacles majeurs pour les voyageurs. »
Des contrôles abusifs malgré l’objectif de libre circulation
Malgré les initiatives des gouvernements du Sahel, les transporteurs et voyageurs de l’AES subissent encore des contrôles abusifs et des demandes de pots-de-vin aux frontières internes et externes de l’Alliance.
Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, souligne la persistance des obstacles :
« L’objectif affiché est la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’AES. Pourtant, en pratique, nous rencontrons régulièrement des entraves. »
« Notre priorité, ajoute-t-il, est la création d’un passeport unique de l’AES pour faciliter les déplacements entre nos trois pays. »
Les documents administratifs et l’absence d’harmonisation des règles restent des défis majeurs pour les citoyens des pays de l’Alliance.
Pour y remédier, les ministres des Transports de l’AES se sont réunis à Niamey en décembre 2025. L’objectif ? Trouver des solutions pour rétablir la libre circulation des personnes et des marchandises, après le retrait des pays de l’Alliance de la Cédéao.
En bref : les principaux obstacles identifiés
- Difficultés liées à la reconnaissance des documents administratifs nationaux (passeports, cartes d’identité) dans l’espace Cédéao.
- Contrôles abusifs et demandes de pots-de-vin aux frontières.
- Absence de passeport unique AES pour simplifier les voyages entre les pays membres.
- Exigences variables des autorités frontalières, notamment en matière de validité des pièces d’identité.