La RDC saisit la justice internationale contre le Rwanda
La RDC saisit la justice internationale contre le Rwanda
26 juin 2026La République démocratique du Congo a saisi la Cour internationale de Justice contre le Rwanda pour son soutien aux groupes armés, notamment l’AFC-M23, dans la partie est de son territoire.
Cette saisine intervient alors que, ce 27 juin, cela fera un an, jour pour jour, que la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, à Washington, un accord de paix pour mettre fin à la guerre dans l’est de la RDC. Dans cette région, les affrontements, néanmoins, se poursuivent entre l’armée congolaise et la rébellion de l’AFC-M23, soutenue par le Rwanda.
Les Etats-Unis ont, par ailleurs, sanctionné plusieurs responsables rwandais accusés d’avoir participé au commerce illégal de minerais provenant des zones contrôlées par les rebelles.
La paix signée sur le papier, absente sur le terrain
Kinshasa et Kigali s’étaient engagés à travailler ensemble pour le retour de la paix dans l’est de la RDC, où les rebelles de l’AFC-M23 occupent de vastes zones du territoire congolais depuis plus d’une année. Mais sur le terrain, aucune avancée significative n’est observée.
« On s’attendait à ce qu’après la signature de cet accord, les choses s’améliorent, que les banques rouvrent, que les aéroports rouvrent. Malheureusement, on constate qu’on continue à vivre la même misère », se plaint cet habitant de Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu.
« Nous nous demandons si cette notoriété qu’incarnaient les Etats-Unis demeure jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi la politique qui a été appliquée aux Etats-Unis ne peut pas être appliquée envers nos voisins qui nous agressent, ici, en RDC ? », s’interroge cet autre habitant de la meme ville, ou un autre rappelle que « Jusqu’à présent, rien ne marche. Lorsqu’ils se rencontrent, ils manifestent de bonnes intentions, mais, sur le terrain, c’est toujours la guerre qui continue. »
Kigali sous le feu des sanctions et de la justice
La RDC accuse le Rwanda de soutenir, depuis trois décennies environ, des groupes armés responsables de graves violations des droits humains, dans la partie orientale de son territoire.
Kinshasa vient de saisir la Cour internationale de Justice dans ce sens. L’Etat congolais exige des réparations pour les victimes, ainsi que la reconnaissance de la responsabilité de Kigali.
Les Etats-Unis viennent, pour leur part, d’imposer des sanctionsà la raffinerie rwandaise Gasabo Gold, à ses dirigeants et à plusieurs sociétés minières accusées d’avoir participé au trafic de minerais provenant des zones contrôlées par l’AFC-M23, dans l’est de la RDC.
Un trafic qui, pour Washington, finance les activités de la rébellion. Mais certains analystes pensent que ces sanctions ne sont pas efficaces.
« La perception générale est que ces sanctions ne semblent pas suffire à modifier le calcul stratégique des acteurs impliqués. Tant que le coût de la confrontation reste inférieur au coût de la concession, les acteurs s’arrangent dans le statu quo qui reste attractif en leur faveur », estime Yvon Muya, expert en études des conflits à l’université Saint-Paul d’Ottawa, au Canada.
Vers une nouvelle escalade militaire
Car la paix est loin de revenir, alors que les échanges de tirs sont quasiment quotidiens dans certaines zones.
Le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’Université de Liège, en Belgique, pense que les belligérants sont plutôt en train de se préparer pour une nouvelle confrontation.
« C’est durant ce temps que chacune des deux parties essaie de se réorganiser, de se réarmer et de se préparer à ce qu’on pourrait appeler la bataille finale pour savoir, finalement, si la partie gouvernementale va réussir à récupérer les territoires conquis par la rébellion, ou si la rébellion va pouvoir avancer vers le Katanga et ainsi, mettre en difficulté le régime de Kinshasa. »
Depuis plus d’une année, les rebelles de l’AFC-M23 occupent les villes de Goma et de Bukavu, ainsi que plusieurs autres localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements se poursuivent dans cette région, aggravant ainsi, la situation humanitaire des milliers des déplacés.