La position ferme d’Ousmane Sonko sur l’accord FMI-Sénégal
Ousmane Sonko - Président de l'Assemblée nationale

L’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a récemment pris la parole concernant le nouvel accord entre le Fonds Monétaire International (FMI) et le gouvernement du Sénégal. Par l’intermédiaire de sa page Facebook, le leader parlementaire a annoncé qu’un débat approfondi serait mené sur les implications de cette coopération financière.

Ce commentaire intervient suite à l’annonce d’un programme de prêt du FMI au Sénégal, s’élevant à plus de 2 milliards de dollars américains (environ 1 245 milliards de francs CFA), destiné à soutenir l’économie de Dakar. Ousmane Sonko, qui avait précédemment mis en lumière une « dette cachée » ayant conduit à la suspension du programme du FMI pour le Sénégal en 2024, réaffirme sa position critique et exige la clarté.

L’appel à la clarté sur l’accord FMI-Sénégal

Ousmane Sonko a déclaré avoir attentivement suivi les communications successives du FMI et du gouvernement sénégalais concernant cet accord technique. Il souligne que cet arrangement ne sera officialisé qu’après validation par le conseil d’administration du Fonds.

Cependant, le président de l’Assemblée nationale déplore le « langage diplomatique » employé, qui, selon lui, ne fournit aucune précision sur les détails du projet d’accord ni sur les engagements pris par le Sénégal, tels que mentionnés dans le communiqué du FMI.

Les questions en suspens

  • Quels sont les engagements précis du Sénégal concernant la gestion de sa dette ?
  • Quelles réformes majeures sont envisagées, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources internes, de rationalisation des dépenses publiques, de dispositifs de protection sociale, de supervision des entreprises publiques et d’amélioration de l’environnement des affaires ?
  • Où en sont les audits internationaux de la dette, précédemment réclamés ?

Ces interrogations, selon Ousmane Sonko, concernent directement l’ensemble des citoyens sénégalais, qui devront assumer les conséquences présentes et futures de ces engagements pris en leur nom.

Un appel vibrant à la transparence

Ayant lui-même pris part aux discussions préliminaires pendant plusieurs mois, Ousmane Sonko affirme connaître certaines orientations de l’accord qui risquent, selon lui, de « reproduire les erreurs du passé ». Il lance un appel solennel en faveur d’une « transparence absolue » dans ce dossier crucial pour le Sénégal.

Soulignant que de telles négociations aboutissent habituellement à un « mémorandum de politiques économiques et financières », validé par les deux parties, le président de l’Assemblée nationale adresse deux requêtes claires au gouvernement sénégalais :

  • Publier intégralement ce mémorandum afin d’assurer une information juste et d’ouvrir un débat public constructif sur les engagements du Sénégal.
  • À défaut de publication, le transmettre à l’Assemblée nationale, en sa qualité de représentante du peuple sénégalais.

Il rappelle que les lignes directrices de ces engagements seront, quoi qu’il arrive, intégrées dans une éventuelle loi de finances rectificative (LFR) ou dans le projet de loi de finances pour l’année 2027, qui sera présenté à l’Assemblée nationale en octobre 2026.

Ousmane Sonko conclut avec fermeté : « Et le débat aura lieu ! »