La CENCO s’oppose fermement à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi en RDC
En République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé un avertissement solennel contre toute initiative politique visant à permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. À l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire organisée à Goma, les évêques catholiques ont exprimé leur vive préoccupation face aux velléités de révision constitutionnelle.
La Constitution de 2006 comme rempart démocratique
Les prélats insistent sur la nécessité absolue de respecter la Loi fondamentale, en particulier les clauses limitant le nombre de mandats présidentiels. Pour la CENCO, toucher à ces dispositions reviendrait à fragiliser l’équilibre des institutions et à rompre le pacte républicain qui lie les citoyens. Le secrétariat général de l’organisation a rappelé que la stabilité de la République démocratique du Congo dépend du respect des engagements pris devant la Nation et devant Dieu.
Inquiétudes autour de la nouvelle loi sur le référendum
Le climat politique s’est alourdi suite à l’adoption par le Parlement d’un nouveau cadre législatif encadrant les référendums. L’église craint que cet outil ne serve de levier pour modifier des articles constitutionnels considérés comme intangibles. Bien que le camp présidentiel défende une volonté de renforcer la souveraineté populaire, les évêques y voient une menace directe pour la limitation de la durée et du nombre des mandats.
Cette prise de position fait suite aux déclarations ambiguës de Félix Tshisekedi en mai dernier à Kinshasa. Bien qu’il affirme ne pas avoir sollicité de rallonge, sa mention d’une possible réponse à la « volonté populaire » a ravivé les craintes d’un glissement électoral à l’horizon 2028. Actuellement, le chef de l’État achève son second mandat, le dernier autorisé par la législation actuelle.
Un appel à la vigilance nationale
La CENCO exhorte désormais les Congolais à rester mobilisés et à s’opposer, par des voies pacifiques et légales, à toute tentative de modification de l’ordre constitutionnel actuel. Le mandat présidentiel, strictement limité à deux exercices de cinq ans, demeure un pilier essentiel de la stabilité en République démocratique du Congo.
Alors que le pays se projette vers les échéances électorales de décembre 2028, l’implication de l’institution catholique dans ce débat confirme son rôle central de gardien des principes républicains face aux ambitions de la classe politique.