Justice pour les crimes de guerre : la RDC alerte l’ONU

La Première ministre congolaise en mission à New York

Judith Suminwa, cheffe du gouvernement de la République démocratique du Congo, a pris la parole à New York dans le cadre de la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle y a exposé les priorités de son pays sur les questions de paix, de sécurité et de justice internationale, tout en réaffirmant l’engagement de la RDC envers les valeurs démocratiques.

Manifestations et équilibre démocratique

Alors que l’opposition annonçait des mobilisations contre la révision constitutionnelle, la Première ministre a adopté un ton ferme mais mesuré. « Le Congo est une nation démocratique », a-t-elle affirmé, rappelant que la liberté de manifester est un droit fondamental. Cependant, elle a précisé que cette liberté doit s’exercer dans le strict respect des lois et de l’ordre constitutionnel, soulignant l’importance de l’unité nationale.

Protection des civils : un impératif humanitaire

Au cœur des débats à l’ONU, la protection des populations civiles s’impose comme une priorité absolue. Judith Suminwa a insisté sur la nécessité de placer cette question au centre des discussions internationales, notamment dans un contexte international marqué par des crises humanitaires et des conflits persistants. Elle a particulièrement mis en avant la situation des femmes, des enfants et des survivants de violences, plaidant pour des mesures concrètes et non seulement des résolutions théoriques.

Violences sexuelles : un crime à sanctionner

La Première ministre a dénoncé avec force l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre, un phénomène largement documenté dans les rapports internationaux. Elle a appelé le Conseil de sécurité à intégrer cette problématique de manière systématique dans les processus de paix et de négociation. « Il est impératif que les victimes soient reconnues, protégées et que justice leur soit rendue », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de sanctions contre les auteurs de ces crimes.

Ebola : mobilisation et défis sanitaires

Parallèlement aux enjeux sécuritaires, Judith Suminwa a abordé la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Elle a salué l’engagement des partenaires internationaux, qui ont promis près d’un milliard de dollars pour soutenir la riposte. La RDC, de son côté, a alloué 50 millions de dollars pour renforcer la réponse sanitaire, sous la coordination de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). La cheffe du gouvernement a souligné que la gestion de cette crise doit également prendre en compte ses impacts sociaux et économiques, afin d’éviter une détérioration de la situation humanitaire.