Gabon : l’axe Libreville-Kango se prépare à la mise sous péage

Le Gabon franchit une étape décisive dans la modernisation de ses infrastructures routières. Le collectif budgétaire pour l’année 2026 entérine la mise en place d’un système de péage sur la section Libreville-Kango de la Transgabonaise, couvrant les points kilométriques 12 à 95 en périphérie de la capitale gabonaise. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) solide avec la Société Autoroutière du Gabon (SAG).

L’article 35, récemment modifié, confère à la SAG l’autorisation de percevoir directement une redevance d’usage auprès des automobilistes. Cette mesure prendra effet dès le 1er janvier 2028, sous réserve de l’achèvement complet du tronçon concédé. Il s’agit d’une avancée majeure pour la gestion et l’entretien de cette route stratégique.

Cette redevance est spécifiquement destinée à couvrir les coûts liés à l’exploitation, à l’entretien courant, à la maintenance et à la garantie de disponibilité de l’infrastructure routière concédée. Il est clairement stipulé que ces fonds ne constitueront pas une recette budgétaire directe pour l’État, à moins qu’un accord explicite de reversement ne soit défini. De plus, elle se distingue formellement des diverses taxes, contributions ou prélèvements fiscaux ou parafiscaux habituellement perçus au profit de l’État, du Fonds autonome national d’entretien routier (FANER) ou de tout autre organisme public.

Les emplacements précis des postes de péage et de pesage seront établis conjointement par l’État gabonais et la SAG. Les tarifs applicables seront fixés par voie réglementaire, en tenant compte de critères tels que la catégorie du véhicule, la section empruntée, la distance parcourue ou le tonnage transporté, conformément aux termes du contrat de partenariat. Avant toute application, ces barèmes tarifaires devront impérativement être publiés au Journal Officiel et communiqués de manière transparente aux usagers. Une exemption de paiement est prévue pour les véhicules des services d’urgence et de sécurité en mission, ainsi que pour les véhicules participant à des missions humanitaires d’intérêt public, sous réserve d’une autorisation officielle.

Le dispositif financier mis en œuvre prévoit également la constitution d’une contre-garantie significative, pouvant atteindre 26 milliards de FCFA. Celle-ci a pour objectif de sécuriser l’émission d’une garantie bancaire au bénéfice de la SAG, adossée au solde d’un compte séquestre géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Par ailleurs, toutes les opérations d’importation, d’acquisition locale, les travaux, fournitures, équipements, matériels, prestations et services directement essentiels à la bonne exécution du contrat de partenariat bénéficieront d’une dispense ou d’une exonération de TVA et de droits de douane. La liste exhaustive de ces biens et services sera préalablement définie par le Ministre de l’Économie et des Finances.

Ce modèle illustre la stratégie adoptée par le Gabon pour le financement de ses infrastructures : une perception directe de la redevance par le concessionnaire, un encadrement rigoureux des prérogatives de contrôle, d’audit et de suivi budgétaire par l’État, et une sécurisation financière via un compte séquestre dédié. Le texte souligne que cette modalité de perception directe n’altère en rien les compétences de l’État en matière de fixation ou d’approbation des tarifs, ni son droit à un contrôle permanent tout au long de la durée de la concession. Ce cadre vise à garantir une gestion efficace et durable de l’axe Libreville-Kango.