Gabon et Afrique : cap franchi des 50 millions de raccordements grâce à Mission 300
Libreville, 19 juin 2026 – L’initiative « Mission 300 », portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), a permis de connecter plus de 50 millions de personnes à l’électricité dans 40 pays africains. Le Gabon figure parmi les États appelés à signer prochainement un pacte national énergétique, marquant une étape clé dans l’électrification du continent.
Ce programme, l’un des plus vastes jamais lancés en Afrique, ne se résume plus à des intentions. Les résultats concrets s’accumulent et dessinent une nouvelle dynamique énergétique régionale. L’approche, désormais structurée, repose sur une coordination inédite entre gouvernements, institutions financières et entreprises privées.
Une ingénierie financière qui change la donne
Le seuil des 50 millions de raccordements témoigne d’un rythme d’électrification deux fois supérieur à celui observé avant le lancement de Mission 300. Cette accélération s’appuie sur des mécanismes financiers hybrides : près de 15 milliards de dollars engagés par les deux grandes banques, complétés par 4,5 milliards de cofinancements et 7 milliards de contributions de partenaires. Dons, garanties et prêts concessionnels réduisent les risques pour attirer les capitaux privés dans des zones jusqu’alors délaissées.
En Tanzanie, 7,5 millions de personnes ont été connectées, avec un rythme multiplié par cinq. En Éthiopie, 4,6 millions de raccordements ont été obtenus grâce à des réformes rendant les branchements plus abordables. Au Nigeria, plus de 4,5 millions de personnes ont bénéficié d’initiatives privées rendues viables par ce dispositif.
Des pactes nationaux pour une gouvernance énergétique repensée
L’innovation majeure de Mission 300 réside dans l’adoption de pactes nationaux pour l’énergie. Trente pays ont déjà défini leur propre feuille de route, combinant production électrique, réduction des coûts, énergies renouvelables et intégration régionale. Le Gabon s’apprête à rejoindre ce cercle, avec l’annonce de son pacte attendue lors du Forum africain de l’énergie au Cap. Le Burkina Faso, la République centrafricaine, Djibouti, le Rwanda et l’Ouganda suivront dans les mois à venir.
L’électricité, moteur de développement
Pour Ajay Banga, président de la Banque mondiale, l’essentiel dépasse le volume des raccordements : il s’agit de bâtir une plateforme durable capable de se prolonger au-delà de 2030. Sidi Ould Tah, président de la BAD, insiste sur les retombées concrètes en matière de sécurité alimentaire, de santé et d’inclusion économique. La Fondation Rockefeller et les agences onusiennes spécialisées voient dans ce cap un point de départ pour un modèle reproductible à grande échelle.
Une nouvelle géographie énergétique africaine
Mission 300 redéfinit la place de l’Afrique dans l’économie énergétique mondiale. En structurant des réseaux interconnectés et en attirant des capitaux privés massifs, le continent devient un terrain d’investissement stratégique. Le Gabon et d’autres pays ne sont plus de simples bénéficiaires : ils participent activement à cette transformation, consolidant leur capacité institutionnelle et leur trajectoire de croissance durable.
L’objectif de 300 millions de raccordements d’ici 2030 reste ambitieux, mais le franchissement des 50 millions prouve que la dynamique est bien réelle. Reste à surmonter les défis financiers, politiques et logistiques pour maintenir ce rythme dans un contexte africain en pleine mutation.