Gabon : Eddy Minang écarté trois mois pour soupçons de corruption

Le Gabon traverse une nouvelle crise au sein de son système judiciaire. Le Procureur général Eddy Minang, figure centrale de la magistrature gabonaise, a été suspendu de ses fonctions pour une période de trois mois. Cette décision, prise par le ministre de la Justice Augustin Emane, s’appuie sur des soupçons graves d’implication dans des réseaux d’influence et des affaires troubles.

Une suspension motivée par des soupçons de corruption

La mesure, formalisée par la décision n°000007/MJGSCDH, vise à préserver l’intégrité de l’institution judiciaire. Eddy Minang, magistrat de haut rang, est accusé d’avoir interféré dans des dossiers financiers sensibles. Parmi eux, un contentieux impliquant la société Covec Gabon pour un montant de 4 milliards de francs CFA, ainsi qu’un scandale de surfacturation au sein de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale.

Un dossier explosif : la DCAF sous le feu des projecteurs

Révélé début juin 2026, le scandale de la DCAF a entraîné l’arrestation d’une vingtaine d’agents, accusés de détournements estimés entre 560 et 700 millions de francs CFA. Eddy Minang est spécifiquement visé pour avoir tenté de bloquer l’enquête en cours. Les investigations suggèrent que ses liens personnels avec le directeur de la DCAF, tous deux originaires du Woleu-Ntem, auraient joué un rôle dans cette obstruction.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre Libreville et les circuits financiers parallèles, où l’influence locale semble parfois primer sur la rigueur judiciaire.

L’intérim confié à une magistrate expérimentée

Pour assurer la continuité du service public, l’intérim a été immédiatement confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, également magistrate hors hiérarchie. Cette transition rapide illustre l’urgence de maintenir l’appareil judiciaire opérationnel, malgré les turbulences internes.