Fermeture de la frontière entre la RDC et le Rwanda : les répercussions économiques s’aggravent
Les habitants de Goma, en République démocratique du Congo, subissent de plein fouet les conséquences de la fermeture des points de passage frontaliers vers Gisenyi, au Rwanda. Cette décision, motivée par des raisons sanitaires liées à la lutte contre le virus Ebola, a profondément perturbé l’activité économique locale.
Jacques Safari, un jeune commerçant ambulant, témoigne de l’impact dévastateur sur son quotidien. « Avant la fermeture, je vendais facilement cinq plaquettes d’œufs chaque jour. Aujourd’hui, je peine à en écouler deux. La majorité de mes clients étaient des voyageurs transfrontaliers, et leur absence se fait cruellement sentir », explique-t-il avec amertume.
Des approvisionnements de plus en plus compliqués
Les grossistes du marché de Birere confirment cette situation alarmante. Hamuli Kasilembo, l’un d’eux, décrit des difficultés croissantes : « Avec la frontière fermée, nos livraisons sont perturbées. Nous ne pouvons plus traverser librement pour nous approvisionner. Les échanges commerciaux sont au point mort, et la clientèle se raréfie faute de liquidités ».
Une économie locale en péril
Les experts en économie tirent la sonnette d’alarme. Alphonse Muanda, économiste, souligne que « les petits commerçants sont les premières victimes de cette mesure. Beaucoup vivaient au jour le jour grâce aux échanges transfrontaliers. Certains s’approvisionnaient au Rwanda pour acheter des denrées essentielles comme le riz ou le savon à prix réduits ».
Cette fermeture, initialement justifiée par des impératifs sanitaires pour endiguer la propagation du virus Ebola, s’éternise. Les habitants de Goma craignent une aggravation de leur précarité dans les semaines à venir, alors que l’économie locale peine déjà à redémarrer.