Engagement politique des chrétiens au Sénégal : le mac 20 sonne l’alarme

Pourquoi l’engagement politique des chrétiens au Sénégal reste-t-il limité ?

Au Sénégal, l’organisation de la société civile Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a tiré la sonnette d’alarme sur la faible implication des fidèles dans la vie politique nationale. Lors d’un forum organisé à Mbour, en juin, sous l’égide du ministre des Forces armées Augustin Tine, le mouvement a pointé du doigt un leadership chrétien quasi inexistant dans les instances décisionnelles.

Ce rassemblement, qui s’est tenu dans le cadre des préparatifs des législatives de juillet, avait pour thème central : « Engagement politique chrétien et le leadership ». Une occasion pour le MAC 20 d’appeler les catholiques à sortir de leur réserve et à jouer un rôle plus actif dans les partis.

Un appel à une représentation plus marquée

Emile Daly Diouf, président du MAC 20, a vivement encouragé les chrétiens à multiplier leurs engagements politiques pour peser davantage dans les débats nationaux. « Bien que minoritaires, nous devons nous engager massivement pour influencer les grandes décisions », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité pour les fidèles de se positionner là où se prennent les choix stratégiques, sans pour autant revendiquer la création de structures politiques spécifiques.

Le mouvement mise plutôt sur un soutien ciblé aux candidats chrétiens, afin de renforcer leur visibilité et leur promotion. « Nous ne voulons pas proposer des candidats, mais les accompagner pour qu’ils accèdent à des postes clés », a-t-il précisé. Cette stratégie pourrait s’étendre jusqu’aux prochaines élections présidentielles de 2019, où le MAC 20 n’exclut pas de jouer un rôle actif dans le soutien à des profils politiques.

Une représentation parlementaire en demi-teinte

Hélène Tine, députée chrétienne et fille du ministre Augustin Tine, a confirmé cette réalité en évoquant la sous-représentation des fidèles au sein de l’Assemblée nationale. Sur les 150 sièges disponibles, seuls trois sont occupés par des chrétiens, dont une femme : elle-même. Un constat qui illustre l’écart entre la dynamique sociale des communautés chrétiennes et leur participation aux affaires publiques.

« L’Église nous encourage à nous engager en politique, car nous sommes des citoyens à part entière », a-t-elle rappelé. Elle a souligné que les chrétiens, bien que très organisés dans d’autres domaines, peinent à s’imposer comme des acteurs incontournables de la gouvernance. « Les listes électorales les placent souvent en positions non éligibles, limitant ainsi leur influence », a-t-elle déploré.

Pour y remédier, elle a plaidé en faveur d’une meilleure promotion de la diversité au sein des partis, un principe historique du Sénégal qu’il est essentiel de préserver. « Les efforts doivent venir des deux côtés : des chrétiens et des formations politiques », a-t-elle conclu.