Un geste diplomatique fort pour la détente avec le Niger
Moins de dix jours après sa prise de fonction, Romuald Wadagni a effectué un déplacement historique à Niamey. Cette visite est la première d’un chef d’État béninois au Niger depuis le coup d’État de 2023. À l’issue de sa rencontre avec le général Abdourahamane Tiani, les deux leaders ont clairement exprimé leur intention de redynamiser la coopération bilatérale et de lever les obstacles entravant leurs relations, notamment la fermeture de la frontière terrestre. Un comité d’experts a été mandaté pour soumettre, sous quinze jours, des propositions concrètes concernant les modalités de cette réouverture.
Sécurité et collaboration renforcée au cœur des échanges
Face à la menace constante des groupes jihadistes dans leurs régions frontalières, le Bénin et le Niger ont réaffirmé leur engagement à intensifier leur coopération en matière de sécurité. Les relations entre les deux pays s’étaient considérablement tendues suite à l’arrivée au pouvoir des militaires nigériens, qui accusaient Cotonou de soutenir des tentatives de déstabilisation, des allégations toujours fermement démenties par le Bénin.
Une étape clé au Burkina Faso
Après son passage à Niamey, Romuald Wadagni s’est rendu à Ouagadougou pour y rencontrer le capitaine Ibrahim Traoré. Les discussions entre les deux dirigeants ont mis en lumière leur volonté commune de consolider leur partenariat et d’accroître la coopération dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’extrémisme violent. Cette tournée régionale souligne l’ambition du nouveau président béninois de normaliser les liens avec les membres de l’AES, après plusieurs années de frictions diplomatiques.
Des enjeux économiques cruciaux pour la région
Au-delà des questions sécuritaires, ce rapprochement revêt une importance économique stratégique. Avant la fermeture de la frontière, la majeure partie des marchandises destinées au Niger transitait par le port de Cotonou. La reprise des échanges commerciaux est donc susceptible d’apporter des bénéfices mutuels aux deux pays. Le maintien et le bon fonctionnement des infrastructures communes, telle que l’oléoduc permettant l’exportation du pétrole nigérien via le territoire béninois, sont également des points essentiels pour le développement économique du peuple Sahel.
