Crise politique au Sénégal : Sonko défie Diomaye et les sept sages
Lors d’un déplacement symbolique dans le Baol, Ousmane Sonko a clairement marqué un tournant dans ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye. À Touba, où il a officiellement inaugurated le siège local de son parti Pastef, le président de l’Assemblée nationale n’a pas hésité à remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel, qui avait invalidé la loi de révision constitutionnelle.
Après avoir d’abord salué la légitimité de l’institution judiciaire, Ousmane Sonko a radicalement changé de ton en dénonçant publiquement l’usage répété des saisines du Conseil constitutionnel par l’exécutif. « Chaque semaine, il va saisir le conseil constitutionnel », a-t-il lancé, dénonçant ainsi ce qu’il considère comme une stratégie visant à contourner le travail parlementaire par des recours systématiques aux Sages.
Son attaque s’est ensuite concentrée sur le fond de la décision rendue. « Le conseil constitutionnel ne peut pas imposer aux députés de voter des lois qui plaisent uniquement au président de la République », a-t-il affirmé avec fermeté. Une critique directe envers les sept juges constitutionnels, dont la décision s’appuyait pourtant sur des motifs strictement procéduraux, comme l’absence de compensation financière pour les nouvelles dépenses publiques et le non-respect des règles de vote bloqué.
Alors que sa tournée dans le Baol était présentée comme une démarche de proximité et de consolidation territoriale, elle prend désormais une dimension politique offensive. Sonko semble vouloir contre-attaquer face à la stratégie de recomposition menée par la Présidence, qui a récemment accueilli des centaines d’élus locaux et annoncé la création prochaine d’un parti présidentiel. Une remise en question publique qui révèle les tensions croissantes entre les deux figures majeures du paysage politique sénégalais.