Crise diplomatique : la France quitte le Burkina Faso après la rupture des relations

Crise diplomatique : la France quitte le Burkina Faso après la rupture des relations

Le président de transition du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, lors d'un discours à Ouagadougou

Le ministère des Affaires étrangères français a confirmé le retrait complet de ses diplomates du Burkina Faso début juillet 2024. Cette décision fait suite à la rupture unilatérale des relations diplomatiques décidée par les autorités burkinabè fin juin. Tous les représentants français ont quitté Ouagadougou en fin de semaine dernière, tandis que les diplomates burkinabè en poste en France doivent quitter le territoire d’ici ce soir, lundi 6 juillet.

« Il a été signifié, dans un esprit de réciprocité, que le personnel diplomatique burkinabè devait également quitter la France sous sept jours », a indiqué le Quai d’Orsay.

Une décision qualifiée d’hostile par Paris

Le ministère français a dénoncé une « décision hostile et sans fondement », reflétant selon lui « la dérive préoccupante des autorités burkinabè ». « Nous en avons tiré les conséquences », a-t-il ajouté sans équivoque. Les autorités françaises ont également fermement rejeté les accusations de soutien aux groupes terroristes, qualifiées de « totalement infondées » par le Quai d’Orsay.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté toutes les attaques terroristes ainsi que les exactions commises contre les populations civiles au Sahel. La France réaffirme son soutien indéfectible aux peuples victimes de cette crise », a souligné le ministère.

Il rappelle par ailleurs l’engagement historique de la France dans la lutte antiterroriste, engagement qui s’est soldé par de lourdes pertes humaines et matérielles.

Vigilance accrue pour les ressortissants français

« Dans ce contexte particulier, nous appelons les ressortissants français au Burkina Faso à une vigilance renforcée », a précisé le Quai d’Orsay.

Selon les dernières estimations, plus de 2 000 Français sont inscrits au registre consulaire au Burkina Faso, tandis que plus de 6 000 Burkinabè résident en France. Le ministère français a également rappelé que la situation reste sous haute surveillance.

Un tournant souverainiste à Ouagadougou

Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a instauré une politique de rupture avec les puissances occidentales, notamment la France. Le régime de Ouagadougou accuse régulièrement Paris d’ingérences et d’activisme contraire aux intérêts burkinabè.

Dès 2023, la junte avait exigé le rappel de l’ambassadeur français, dénoncé les accords militaires bilatéraux et obtenu le départ des forces françaises engagées dans la lutte contre le terrorisme. Depuis, les tensions n’ont cessé de s’aggraver, poussant le Burkina Faso à se rapprocher de partenaires alternatifs comme la Russie, la Turquie ou l’Iran.

Les relations entre les peuples burkinabè et français, elles, restent officiellement préservées, malgré ce contexte diplomatique explosif.