Crise au Mali : les Russes face à l’échec des rebelles touaregs

Le nord du Mali abandonné sans combat par les forces russes

Des images captées par des drones montrent une colonne de véhicules blindés russes quittant Kidal en Mali sans même engager le combat. Le contrôle de la ville est désormais entre les mains de rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes, après des attaques simultanées dans plusieurs localités, dont la capitale Bamako.

Une passivité russe qui interroge dans un contexte de crise sécuritaire

La veille de cette retraite, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, revendiquait des assauts coordonnés à travers le pays. Dans leur déclaration, ils exigeaient même aux forces russes de rester à l’écart, promettant en échange une éventuelle collaboration future.

Avec 2 500 soldats déployés sous la bannière de l’Africa Corps (successeur du groupe Wagner), la Russie affichait pourtant son soutien à la junte militaire malienne. Pourtant, face à la pire crise sécuritaire depuis le coup d’État de 2020, ces forces sont restées inactives, laissant le régime de Bamako dans une situation critique.

Un régime malien fragilisé par les échecs militaires et politiques

Le pouvoir actuel subit des revers majeurs : son ministre de la Défense a été tué lors d’une attaque contre sa résidence, tandis que les djihadistes et les indépendantistes touaregs étendent leur emprise sur des territoires entiers. La perte de Kidal, reprise en 2023 avec l’aide des Russes après onze ans de contrôle rebelle, marque un tournant symbolique.

Un projet politique en lambeaux

L’arrivée des militaires au pouvoir en 2020, puis l’éviction des forces françaises en 2022 au profit des Russes, devaient stabiliser le pays. Pourtant, quatre ans plus tard, la situation est pire qu’en 2014, lorsque l’intervention française avait permis de repousser une colonne djihadiste vers Bamako.

La population, prise entre des groupes armés rivaux et un pouvoir autoritaire, subit une dégradation constante. Les blocages récents, comme celui empêchant l’approvisionnement en carburant depuis les pays voisins, illustrent l’isolement croissant du régime.

Les risques d’un effondrement régional

La menace ne se limite pas aux frontières du Mali :

  • Le GNIM, acteur central de la crise, a des ambitions régionales sous la bannière d’Al-Qaïda.
  • Les pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso (membres de l’Alliance des États du Sahel) pourraient être les prochaines cibles.
  • Les États côtiers, déjà touchés par des incursions djihadistes, seraient également vulnérables.

Une décennie de déceptions pour les peuples du Sahel

Depuis 2014, les promesses de sécurité et de stabilité se sont heurtées à la réalité d’un conflit sans fin. Le remplacement des forces françaises par des mercenaires russes n’a fait qu’aggraver les tensions, laissant les populations sans protection ni espoir de paix.