Coton au Tchad : la France injecte 22,5 millions de dollars pour booster la filière
Tchad
Coton au Tchad : la France injecte 22,5 millions de dollars pour booster la filière
Deuxième producteur de coton en Afrique centrale, le Tchad bénéficie d’un financement français de 22,5 millions de dollars pour redynamiser son secteur cotonnier et renforcer sa sécurité alimentaire.
Alors que le secteur cotonnier tchadien traverse une période d’instabilité depuis plusieurs années, N’Djamena mise sur un partenariat stratégique avec la France. Un financement de 22,5 millions de dollars, soit 19,35 millions d’euros, a été alloué pour lancer le Projet de Développement agricole et territorial du bassin cotonnier du Tchad (DEBACO).
Ce programme, d’une durée de cinq ans, est entièrement financé par l’Agence française de développement (AFD). Son objectif ? Redonner un souffle nouveau à la filière cotonnière, tout en renforçant la sécurité alimentaire dans les régions productrices.
Le projet DEBACO ne se limite pas au coton : il inclut également un soutien aux cultures vivrières comme le sorgho, le maïs, le niébé et l’arachide. Une approche globale pour accompagner les agriculteurs dans leur quotidien.
Côté actions concrètes, le ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole met en avant plusieurs axes prioritaires. Parmi eux, l’optimisation de l’usage des terres, la sécurisation des couloirs de transhumance et la prévention des conflits entre éleveurs et cultivateurs. Des mesures essentielles pour favoriser un climat de travail apaisé dans les zones productrices.
Les provinces du Mayo-Kebbi Ouest et du Moyen-Chari ont été retenues comme zones d’intervention prioritaires. Ces régions représentent à elles seules près d’un quart de la production annuelle de coton du pays, selon les estimations du Département américain de l’Agriculture (USDA).
Pourtant, la production de coton graine au Tchad reste irrégulière. Après une hausse de 9 % en 2023-2024 (111 262 tonnes), la campagne suivante a enregistré une chute brutale à 57 774 tonnes, soit une baisse de près de 50 %. Les prévisions pour 2025-2026 laissent entrevoir un rebond de 29,8 %, avec une production estimée à 75 000 tonnes. Un espoir fragile, mais bienvenu pour les acteurs du secteur.
Le projet DEBACO pourrait-il inverser cette tendance et offrir une stabilité durable à la filière ? Les prochaines années nous le diront.