Coopération militaire franco-gabonaise : le camp de Gaulle passe sous une nouvelle forme

Lors de la célébration de la fête nationale française à Libreville, l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, a marqué les esprits en déclarant : « Le Camp De Gaulle n’est déjà plus une base française ». Cette affirmation résume l’aboutissement d’un long processus de révision des liens militaires entre Libreville et Paris, entamé il y a plusieurs mois.

Le diplomate a détaillé cette mutation en évoquant une « adaptation co-construite », désormais « dans sa phase finale ». Selon ses propos, cette refonte s’inscrit dans une logique de modernisation des échanges sécuritaires, alignée sur les besoins actuels des deux pays. La coopération militaire, autrefois centrée sur une présence physique, évolue vers un modèle plus agile et adapté aux réalités géopolitiques contemporaines.

ambassadeur de France au Gabon lors d'un discours

Fabrice Mauriès a rappelé avec force la solidité des liens entre les deux nations : « Notre coopération politique, sécuritaire et militaire reste le socle de notre relation, nourrie par une amitié indéfectible entre frères d’armes ». Il a précisé que cette dynamique s’appuie désormais sur le Détachement de liaison interarmées au Gabon (DLI-G), qui prend le relais pour orchestrer les échanges opérationnels, tandis que les Écoles nationales à vocation régionale maintiennent leur rôle clé dans la formation des forces locales.

L’ambassadeur a ensuite levé le voile sur une transformation majeure : « Dans les semaines à venir, ce partenariat aboutira à un cadre clarifié et stabilisé. Le Camp De Gaulle, déjà dépouillé de son statut de « base française », achèvera sa métamorphose sous une nouvelle appellation », a-t-il annoncé. Cette évolution symbolise un tournant dans l’histoire des relations militaires franco-gabonnaises.

Au-delà des enjeux purement militaires, Fabrice Mauriès a mis en avant l’approfondissement de la collaboration dans des domaines stratégiques. Parmi les priorités affichées : la lutte contre la criminalité financière, avec la création d’un parquet national financier au Gabon. Il a également cité la lutte contre les trafics illicites, la sécurisation des frontières, le renforcement des forces de l’ordre et la modernisation des services pénitentiaires comme axes centraux de cette coopération renforcée.

Cette réorganisation s’inscrit dans un contexte post-changement de régime survenu en août 2023. Depuis, les deux capitales ont œuvré à redéfinir leur partenariat militaire, passant des Éléments français au Gabon (EFG) au Détachement de liaison interarmées au Gabon (DLI-G). Ce dernier se concentre désormais sur la formation, le conseil et la coopération technique, marquant une rupture avec le modèle traditionnel.

L’annonce de la refonte définitive du Camp De Gaulle illustre cette volonté commune de bâtir un partenariat adapté aux défis actuels de la sous-région. Une démarche qui confirme l’engagement des deux États à préserver une alliance stratégique, tout en réaffirmant leur attachement à la stabilité et à la sécurité en Afrique centrale.