CNews au Bénin : le tournant décisif de Claudy Siar contre le racisme médiatique
Une action historique pour bannir les discours de haine à l’antenne
Au Bénin, la présence de CNews dans les bouquets audiovisuels fait aujourd’hui l’objet d’une remise en question majeure. Claudy Siar, chargé de mission du président béninois Romuald Wadagni, a décidé de passer à l’action en exigeant le retrait de la chaîne française des offres locales. Une initiative qui marque un tournant stratégique dans la lutte contre le racisme médiatique, où la dignité des Africains devient enfin un critère non négociable. L’objectif ? Protéger les populations d’une exposition continue à des propos jugés dégradants, tout en interrogeant la responsabilité des opérateurs et des régulateurs.
Des propos racistes et répétitifs, selon Claudy Siar
L’ancien animateur de Radio France Internationale (RFI) dénonce avec force le traitement réservé aux Africains dans les programmes de CNews. « Chaque jour, les Africains subissent des attaques verbales, des stéréotypes humiliants et une stigmatisation systématique de leur identité », déclare-t-il. Dans une interview largement reprise par la presse béninoise, il souligne l’impact de ces discours : « Ces contenus, diffusés à l’échelle mondiale, sapent la fierté des peuples africains et sapent notre cohésion sociale. » Pour lui, la tolérance zéro s’impose désormais.
La dignité africaine au cœur des revendications
Claudy Siar ne se contente pas de critiquer : il agit au nom d’un principe inaliénable, la dignité des citoyens africains. « Si la France peut accepter certains discours, le Bénin, lui, refuse d’exposer sa population à des médias qui sapent son identité », martèle-t-il. Cette position s’appuie sur une vision collective où chaque Africain, quel que soit son pays, est concerné par les représentations médiatiques diffusées sur le continent. Une démarche qui dépasse le cadre national pour embrasser une cause panafricaine.
Canal+ et la HAAC, acteurs clés d’un processus inédit
Pour concrétiser son projet, Claudy Siar a annoncé deux démarches simultanées : une interpellation directe de Canal+ Bénin et un dialogue avec la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC). Le but ? Exiger le retrait de CNews des bouquets et obtenir une régulation plus stricte des contenus diffusés.
Une rencontre avec le président de la HAAC, Édouard Loko, était prévue le 20 octobre pour évaluer les actions possibles. Cependant, une demande auprès de Canal+ ne suffit pas : elle ouvre la voie à une réflexion sur les pouvoirs de la HAAC. En effet, seule cette autorité peut imposer une interdiction administrative, sous réserve des procédures légales en vigueur.
Des sanctions en France, un argument en plus pour le Bénin
Le dossier prend une dimension juridique supplémentaire avec les sanctions récentes infligées à CNews en France. En juillet 2024, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a condamné la chaîne à deux amendes : 20 000 et 60 000 euros pour des manquements avérés dans la diffusion de propos discriminatoires. Ces décisions, bien que ciblées, renforcent l’argumentaire de Claudy Siar : si la France reconnaît des dérives, pourquoi le Bénin les tolérerait-il ?
Pour autant, ces sanctions ne signifient pas que tous les contenus de CNews sont illégaux. La distinction est cruciale : les critiques béninoises reposent sur une évaluation éditoriale, tandis que les amendes françaises s’appuient sur un cadre juridique précis. Une nuance qui alimente le débat sur la liberté d’expression versus la lutte contre les discours de haine.
Liberté d’expression vs protection des populations : un équilibre à trouver
L’initiative de Claudy Siar soulève une question fondamentale : comment concilier la liberté de la presse avec la nécessité de protéger les populations des discours haineux ? D’un côté, la lutte contre le racisme est un combat légitime, surtout lorsque les contenus sont diffusés à l’échelle internationale. De l’autre, toute restriction de diffusion doit être justifiée, proportionnée et ancrée dans la loi.
Le cas CNews illustre cette tension. Les autorités béninoises doivent désormais trancher : risquer la censure au nom de la dignité, ou préserver la pluralité des médias au prix d’une exposition à des contenus controversés ? Aucune décision n’a encore été prise, mais le dialogue entamé avec Canal+ et la HAAC pourrait bien dessiner les contours d’une nouvelle régulation médiatique en Afrique.
Et maintenant ? Les prochaines étapes d’un dossier explosif
À ce stade, aucune interdiction officielle de CNews n’a été actée. La balle est dans le camp de Canal+ et de la HAAC. Le groupe français a-t-il l’intention de retirer la chaîne de ses bouquets béninois ? L’autorité de régulation béninoise prendra-t-elle une mesure administrative historique ? Une chose est sûre : la démarche de Claudy Siar a placé le débat au cœur de l’actualité, forçant le secteur audiovisuel à affronter ses responsabilités.
Dans les jours à venir, les réponses de ces acteurs détermineront si cette initiative reste une simple prise de position symbolique… ou le prélude à un changement de paradigme médiatique au Bénin.
