Cartographie des services contre les violences basées sur le genre à N’Djamena

À N’Djamena, une étape décisive se prépare pour renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT) organise, les 12 et 13 août 2026, un atelier dédié à la validation d’une étude cartographiant les services d’assistance juridique et psychosociale aux victimes. Initié dans le cadre du projet WISH 2-WACA, cet outil vise à optimiser l’orientation des victimes tout en favorisant une meilleure coordination entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.
Un atelier collaboratif pour affiner une étude stratégique
Pendant deux jours, des représentants des ministères concernés, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures spécialisées se réuniront pour analyser et enrichir les conclusions de cette cartographie. L’objectif ? Transformer cet outil en un levier concret pour améliorer l’accès aux services et renforcer l’efficacité des dispositifs existants.
Les enjeux soulevés par la présidente de l’AFLADEGT
Lors de l’ouverture des travaux, Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, a insisté sur la nécessité de considérer cette cartographie comme un instrument dynamique. « Une victime de violences doit pouvoir identifier rapidement les structures adaptées, obtenir une orientation précise et bénéficier d’une prise en charge adaptée à ses besoins », a-t-elle expliqué. Selon elle, ce document doit servir de base à des actions de plaidoyer auprès des décideurs pour mobiliser des ressources et améliorer les mécanismes d’orientation.
Des lacunes majeures révélées par l’étude
L’analyse met en lumière plusieurs faiblesses dans le système actuel : couverture inégale des services selon les arrondissements, manque d’espaces sécurisés pour un accueil confidentiel, insuffisance en personnel qualifié et en moyens matériels. Les mécanismes de référencement entre les différents secteurs sont également perfectibles, tout comme la disponibilité d’un accompagnement juridique effectif, qui ne concerne actuellement que 11 % des victimes identifiées.
Les défis persistants selon la directrice de la santé de la reproduction
Dr Kadidja Amadaye Abgrene, directrice de la santé de la reproduction, a rappelé que les VBG représentent une violation grave des droits fondamentaux. Bien que des progrès aient été réalisés, notamment via le renforcement du cadre juridique et la création de centres intégrés de services multisectoriels, des obstacles majeurs subsistent. Elle a pointé du doigt la prépondérance des règlements à l’amiable, le déficit d’information et l’absence de coordination efficace entre les acteurs.
Pour elle, les résultats de cette cartographie doivent désormais servir de référence pour orienter les actions futures. « Cet outil doit guider les décisions publiques, fluidifier les parcours des victimes et éclairer les priorités en matière de ressources humaines et financières », a-t-elle conclu.