CAN 2025 : la controverse de la CAF et le rôle crucial du Tribunal Arbitral du Sport
Le fronton du Tribunal arbitral du sport

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Une onde de choc a traversé le monde du football africain, et plus particulièrement le Sénégal, suite à une décision retentissante de la Confédération Africaine de Football (CAF). Deux mois seulement après avoir triomphé lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, les Lions de la Téranga se sont vus retirer leur titre continental. Le Jury d’Appel de l’instance juridictionnelle a en effet « déclaré forfait le Sénégal », désignant ainsi le Maroc comme le nouveau vainqueur de la CAN 2025, sur un score homologué de 3-0.

Un choc émotionnel aux répercussions médiatiques

 La une du journal « L'Observateur », sur laquelle on peut lire « Dans les coulisses d'un scandale sans précédent », en référence à la décision de la CAF de retirer sa victoire à l'équipe sénégalaise pour finalement l'attribuer au Maroc, deux mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025

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Cette annonce a provoqué un véritable séisme, occupant les gros titres des journaux sénégalais dès le mercredi et s’invitant sur tous les plateaux télévisés et réseaux sociaux dès la veille. La déception des supporters est palpable. À l’échelle internationale, les médias sportifs ont largement relayé cette décision inattendue de la CAF. Un point d’interrogation majeur demeure : le délai de deux mois écoulé entre la finale et cette décision. Samir Nasri, consultant sur Canal +, a d’ailleurs ironisé sur ce laps de temps, suggérant qu’il aurait fallu « attendre 2035 alors ».

Les détails du communiqué officiel de la CAF

Le milieu de terrain sénégalais Pape Gueye qui a inscrit l'unique but de la finale de la CAN 2025 au Maroc.

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Le communiqué de la CAF, diffusé mardi, stipule que le Jury d’Appel a décidé, en se basant sur l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, de « déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 ». Le résultat est donc entériné sur un score de 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). L’instance considère que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a enfreint l’article 82 du même règlement par le comportement de son équipe, justifiant ainsi l’application de l’article 84 et le forfait.

Décryptage des articles 82 et 84 du règlement de la CAF

La décision de la CAF de retirer le trophée au Sénégal s’appuie explicitement sur les articles 82 et 84 du règlement. L’article 82 indique qu' »une équipe qui se retire, ne se présente pas à un match, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sans autorisation de l’arbitre, sera considérée perdante et éliminée de la compétition en cours. » L’article 84, quant à lui, précise que « l’équipe qui enfreint les dispositions des articles 82 et 83 sera définitivement exclue de la compétition. Elle perd le match 3-0. Si l’équipe adverse menait par un score plus avantageux, le score sera maintenu. D’autres mesures pourront être prises par la Commission d’organisation. » L’article 83 mentionne également le forfait d’une équipe qui ne se présente pas en tenue de jeu à l’heure prévue ou dans les quinze minutes suivantes.

Il est important de noter que le communiqué de la Commission d’Appel de la CAF a annulé la décision initiale rendue par la commission de discipline.

Les instances juridiques de la CAF

Sadio Mané (Sénégal) et Patrice Motsepe font des gestes lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations opposant le Maroc au Sénégal au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah, à Rabat, au Maroc, le 19 janvier 2026.

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Comme toute organisation sportive majeure, la CAF est dotée d’organes juridiques dédiés à l’application rigoureuse de ses règlements. On distingue la Commission de discipline, qui intervient en première instance pour les sanctions disciplinaires et financières, et le Jury d’Appel (ou Commission d’appel), qui est l’instance de recours.

Rôle et compétences des organes juridiques de la CAF

La Commission de discipline est l’entité juridictionnelle de la CAF garante du respect des règlements et chargée de sanctionner tout comportement contraire à l’éthique sportive en Afrique. Ses missions incluent l’analyse des rapports d’arbitres et des preuves vidéo, la vérification des infractions au Code disciplinaire de la CAF (comportement antisportif, interactions avec les officiels, gestes inappropriés, perturbations, usage d’objets, etc.), et l’application de sanctions telles que suspensions, amendes, défaites par forfait ou autres mesures conformes aux textes.

Fonctionnement de la Commission de discipline

La Commission de discipline se réunit généralement dans les jours qui suivent un incident afin de statuer avec célérité, assurant ainsi l’intégrité des compétitions. Elle opère selon une procédure contradictoire, examinant les faits, convoquant les parties concernées, écoutant les défenses et délibérant. Ses actions se basent sur les rapports des arbitres et commissaires de match, les images vidéo, et parfois des plaintes officielles. Elle peut également s’auto-saisir dans les cas graves. Sans preuves documentées, aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée.

Fonctionnement de la Commission d’appel

Le Jury d’Appel, ou Commission d’appel de la CAF, est une chambre de juridiction sportive de seconde instance. Elle se réunit de manière ad hoc pour examiner les litiges disciplinaires liés aux compétitions. Ces réunions sont déclenchées par les recours déposés par les parties souhaitant contester les décisions de la Commission de discipline. L’urgence des dossiers détermine le calendrier de ces réunions. Les verdicts du Jury d’appel sont généralement rendus dans les six jours suivant le dépôt du recours, après une analyse approfondie des éléments.

Composition de la Commission d’appel de la CAF

La Commission d’appel, à l’instar de la Commission de discipline, est composée de neuf membres. Elle est présidée par la Nigériane Roli Daibo Harriman, assistée par le vice-président, le Cap-verdien Faustino Varela Monteiro. Le jury comprend également des représentants de la Tunisie, du Togo, du Malawi, de la Namibie, de la Mauritanie, de Djibouti et de la République Démocratique du Congo.

Les fondements du recours marocain

 L'équipe du Sénégal en colère contre l'arbitre Jean-Jacques Ndala pour avoir accordé un penalty en fin de match après consultation du VAR lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations opposant le Sénégal au Maroc au stade Prince Moulay Abdellah, le 18 janvier 2026 à Rabat, au Maroc.

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Le 3 février dernier, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) avait officiellement annoncé son intention de faire appel des sanctions prononcées par la Commission de discipline de la CAF. Ces sanctions faisaient suite aux incidents survenus lors de la finale de la CAN, le 18 janvier 2026, opposant le Maroc au Sénégal. La FRMF avait jugé que les sanctions initiales « n’étaient pas à la hauteur de la gravité des faits constatés », citant notamment le retrait des joueurs et du staff sénégalais, l’envahissement du terrain par leurs supporters, ainsi que les scènes de chaos et de violences qui avaient suivi.

Le Sénégal saisit le Tribunal Arbitral du Sport (TAS)

La FSF a décidé de saisir le Tribunal Arbitral du Sport

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Face à cette décision défavorable, le Sénégal a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), l’institution suprême pour le règlement des litiges sportifs au niveau international. La Fédération sénégalaise de football dispose de dix jours pour formaliser son recours auprès du TAS, qui définira ensuite la procédure à suivre. Le TAS, fondé en 1984 et basé à Lausanne en Suisse, est une entité indépendante qui propose des décisions impartiales via l’arbitrage et la médiation. Il s’appuie sur environ 340 arbitres provenant de 84 pays, tous experts en droit du sport et tenus à une stricte impartialité et indépendance. Le TAS gère les appels des décisions émanant de fédérations, confédérations (comme la CAF ou l’UEFA) et organisations majeures (FIFA, CIO). Les délais de décision varient : de 24 à 48 heures pour certaines procédures ad hoc, à plusieurs mois pour des dossiers plus complexes.

Le poids irrévocable des décisions du TAS

Les décisions rendues par le TAS sont généralement finales et exécutoires, mettant un terme aux procédures judiciaires au sein des tribunaux sportifs. La sentence du TAS est souvent sans appel, notamment lorsque les parties n’ont pas de domicile ou de résidence habituelle en Suisse et ont expressément renoncé à tout recours dans l’accord d’arbitrage ou un document ultérieur, comme l’indique l’instance sur son site.