Cameroun : Vaste opération de fermeture de 1 400 églises non conformes
Le ministre camerounais des Cultes, Paul Atanga Nji, a dévoilé le 8 juillet 2026, la décision imminente de fermer 1 400 nouvelles églises à travers le pays. Cette mesure radicale fait suite à des « irrégularités persistantes » concernant leur statut administratif.
La période de tolérance, initiée en 2024 avec une injonction d’enregistrement, est désormais révolue, a-t-il souligné. Cette annonce intervient après une rencontre avec les dirigeants de l’église de réveil « Vie et Paix », suite au meurtre tragique d’une fillette de 11 ans fin juin. La victime a succombé à 17 coups de couteau infligés par une jeune femme de 22 ans, fidèle de cette communauté, qui aurait agi sur « ordre du Saint-Esprit ».
Ce drame, qui a profondément ému la nation camerounaise, n’est malheureusement pas un cas isolé. Un crime similaire avait déjà secoué le pays en mars, lorsqu’une autre fillette de 11 ans avait été tuée dans des circonstances non élucidées.
Depuis 2006, les autorités du Cameroun s’efforcent de réguler la prolifération des nouvelles églises. En 2008, 81 associations, églises chrétiennes et institutions religieuses avaient été officiellement reconnues, parmi lesquelles 46 églises protestantes et pentecôtistes, toutes opérant dans le respect de la législation en vigueur.
À l’instar d’autres nations africaines, le Cameroun a vu le phénomène des sectes chrétiennes prendre une ampleur significative à partir de 1994. Cette expansion a été favorisée par une loi sur la liberté d’association et exacerbée par la dévaluation du franc CFA (Communauté financière africaine), qui a plongé de nombreuses populations vulnérables dans des difficultés économiques, les rendant plus réceptives aux discours de divers prêcheurs.
En 2025, le gouvernement camerounais avait déjà procédé à la fermeture d’environ 200 lieux de culte appartenant à des églises nouvelles, principalement pour des nuisances sonores. À cette époque, un avertissement clair avait été lancé aux entités non agréées, leur intimant de cesser leurs activités et de « plier bagages ».