Cameroun : crise politique après la prorogation des mandats municipaux, Kamto saisit le Conseil constitutionnel

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun dénonce une violation flagrante de la Constitution à la suite de la prorogation des mandats des conseillers municipaux par le pouvoir en place.

Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition camerounaise et président du MRC, a vivement réagi à la décision prise par l’exécutif national de prolonger les mandats des élus locaux. Cette mesure, officialisée par un décret présidentiel en date du 4 mai 2026, s’appuie sur une révision récente du code électoral qui attribue au chef de l’État le pouvoir de repousser indéfiniment ces mandats. Pour l’opposant, cette initiative constitue une entorse grave aux principes démocratiques et à l’équilibre des institutions.

Selon ses analyses juridiques, le texte adopté le 14 avril 2026 se heurte à un obstacle majeur : l’absence de disposition rétroactive. Pourtant, le décret présidentiel a bel et bien été appliqué en violation de ce principe constitutionnel qui interdit à une loi d’agir sur des situations passées. Résultat, les mandats initialement prévus pour expirer le 9 août 2026 ont été prolongés jusqu’au 27 février 2026, créant une situation juridique ubuesque.

Fort de ces arguments, Maurice Kamto annonce une saisine immédiate du Conseil constitutionnel. Il exige l’annulation de cette prorogation illégale et la restauration des règles électorales en vigueur avant les modifications controversées. Pour l’ancien ministre de la Justice, l’ensemble des conseils municipaux est désormais en situation de vacance légale depuis le 1er juin 2026. Il appelle les autorités locales à prendre acte de cette irrégularité et à en tirer les conséquences administratives et juridiques qui s’imposent.

L’opposant, juriste de formation, met en garde contre les risques de blocage institutionnel engendrés par cette mesure. En saisissant la plus haute instance du pays, il espère contraindre le président à organiser sans délai des élections municipales conformes à la loi. Une issue loin d’être garantie, certains observateurs doutant de la capacité du Conseil constitutionnel à trancher en faveur d’une opposition aussi frontale au pouvoir en place.