Cacao durable : la Côte d’Ivoire et le Ghana renforcent leur alliance à Abidjan
Les présidents ivoirien et ghanéen, Alassane Ouattara et John Dramani Mahama, ont coprésidé à Abidjan un sommet de haut niveau consacré à l’initiative cacao commune aux deux pays. Cette rencontre, tenue au palais présidentiel du Plateau, visait à prendre des décisions structurantes pour bâtir une économie cacaoyère plus juste et durable.
Des décisions pour les planteurs
Les deux chefs d’État ont annoncé l’harmonisation des politiques de prix bord champ, le renforcement de la création de valeur ajoutée et l’élargissement de cette initiative à d’autres pays africains. L’objectif est de défendre les intérêts des producteurs et de garantir un avenir prospère à la filière en Afrique.
Le planteur au cœur du dispositif
Alassane Ouattara a rappelé que le cacao représente un enjeu majeur pour le financement des politiques de développement et pour la souveraineté des deux nations. Il a souligné le rôle central du planteur, qui par son travail quotidien alimente l’industrie mondiale du chocolat. « Le planteur doit demeurer au centre de toutes nos décisions », a-t-il affirmé.
Le président ivoirien s’est félicité des progrès réalisés depuis la Déclaration d’Abidjan du 26 mars 2018, notamment la mise en place d’un différentiel de revenus décent qui a amélioré la rémunération des planteurs. Cette action concertée a montré qu’il est possible d’influencer favorablement les cours mondiaux.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent : la volatilité des prix, les effets du changement climatique, le vieillissement du verger, les maladies du cacao, la pression de l’orpaillage illégal sur le foncier, ainsi que l’émergence de produits de substitution et les normes internationales de durabilité, notamment européennes.
Appel à une coopération élargie
De son côté, John Dramani Mahama a salué la réussite de la coopération ivoiro-ghanéenne et s’est dit confiant pour l’avenir. Il a insisté sur la nécessité de « donner le pouvoir aux planteurs » et de leur fournir tous les moyens pour poursuivre leur production. Les deux parties s’engagent à échanger les bonnes pratiques, à injecter davantage de financements et à associer les autres pays producteurs africains pour renforcer leur présence sur le marché mondial.