Burkina Faso : une loi controversée pénalise l’homosexualité
Le 1er septembre, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté une loi anti-LGBTQ+ qui criminalise les relations homosexuelles consenties. Cette mesure représente un recul significatif pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et queers (LGBTQ+). Désormais, toute personne reconnue coupable d’homosexualité risque jusqu’à cinq ans de prison, assortis d’amendes substantielles.
Cette initiative législative porte atteinte aux principes fondamentaux de non-discrimination et de protection de la vie privée. Elle s’inscrit dans un contexte de restriction des libertés au Burkina Faso, marqué par une répression accrue des mouvements d’opposition, des médias et des manifestations pacifiques.
Jusqu’à présent, le pays n’avait pas de législation spécifique contre les relations homosexuelles consenties. Contrairement à la majorité des nations africaines, le Burkina Faso n’était pas soumis à un Code pénal colonial pénalisant les relations qualifiées de sodomie. Cette nouvelle loi, intégrée au Code des personnes et de la famille, a été approuvée à l’unanimité par les 71 députés de l’Assemblée. Elle sanctionne non seulement les actes homosexuels, mais aussi toute action jugée comme promouvant ces pratiques, selon des termes flous et subjectifs.
Le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié cette décision en affirmant qu’elle reflète les valeurs culturelles et les aspirations sociétales du pays. Pourtant, cette loi entre en contradiction directe avec les engagements internationaux du Burkina Faso, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Plusieurs pays africains ont récemment fait évoluer leur législation en faveur des droits LGBTQ+. Le Botswana, Maurice et la Namibie ont aboli les lois criminalisant les relations homosexuelles, reconnaissant ainsi leur incompatibilité avec les droits humains fondamentaux. En revanche, au Burkina Faso, cette nouvelle disposition risque d’aggraver les violences et discriminations envers les personnes LGBTQ+, alimentant un climat de peur et d’exclusion.
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples avait déjà alerté les États membres sur les dangers des lois homophobes, les invitant à mettre fin aux abus subis par les minorités sexuelles. Face à cette situation, le président de la junte, Ibrahim Traoré, est appelé à revoir sa position. Plutôt que de promulguer ce texte, il devrait le renvoyer à l’Assemblée pour une révision conforme aux droits humains, garantissant ainsi la protection de tous les citoyens, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.