Bénin et Maroc : vers une liberté de circulation sans visa

La 7e édition de la Commission mixte de coopération bénino-marocaine, qui s’est tenue à Cotonou, a marqué un tournant décisif dans les relations entre les deux pays. Parmi les quatorze accords stratégiques signés, l’annonce de l’examen d’une exemption de visa pour les passeports ordinaires marocains et béninois s’impose comme l’événement phare de cette rencontre. Une avancée diplomatique qui pourrait profondément transformer les échanges économiques, académiques et culturels entre Cotonou et Rabat.

À Cotonou, un pas concret vers une mobilité sans entrave

En juillet 2026, la capitale économique du Bénin a accueilli une session diplomatique d’envergure. La 7e Commission mixte bénino-marocaine a permis de concrétiser des ambitions communes : passer d’une relation historique à un partenariat économique et humain sans précédent. C’est lors de ces échanges que Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a révélé une décision majeure : le Maroc étudie sérieusement la suppression des visas pour les citoyens béninois détenteurs d’un passeport ordinaire. Une annonce qui, bien qu’encore en phase d’examen, symbolise une confiance mutuelle et un alignement stratégique renforcé entre les deux nations.

Un levier économique pour dynamiser les échanges

L’impact potentiel de cette mesure sur les relations commerciales est considérable. En supprimant les barrières administratives liées aux visas, les entreprises béninoises et marocaines gagneront en agilité. Les PME et start-ups des deux pays pourront enfin explorer de nouveaux marchés sans les contraintes bureaucratiques actuelles. Les investisseurs marocains, déjà bien implantés dans les secteurs bancaire et assurantiel en Afrique de l’Ouest, verront leurs projets au Bénin se concrétiser plus rapidement. De même, les exportateurs béninois bénéficieront d’un accès facilité au marché nord-africain. > « La fluidité des déplacements professionnels est un accélérateur de croissance. Supprimer les visas, c’est réduire les coûts logistiques et encourager l’audace entrepreneuriale. »

Cette initiative s’appuie sur une dynamique déjà en marche depuis janvier 2024, date du lancement de l’e-Visa marocain, qui avait déjà permis de raccourcir significativement les délais d’obtention. L’exemption totale des visas marquerait l’aboutissement de cette volonté commune de créer un espace économique sans frontières.

Éducation, tourisme et santé : les multiples visages d’une coopération renforcée

Les retombées de cette ouverture dépassent largement le cadre commercial. Le Maroc reste une destination de choix pour les étudiants béninois en quête d’excellence académique. L’exemption de visa facilitera leur installation et leur suivi de formation, renforçant ainsi les échanges universitaires entre les deux pays. Sur le plan touristique, la mesure promet de dynamiser les flux de visiteurs entre les deux nations. Les voyageurs béninois pourront plus facilement découvrir les richesses culturelles du Maroc, tandis que les Marocains afflueront vers des villes comme Ouidah ou Cotonou. La santé et les échanges scientifiques en profiteront également, avec un cadre simplifié pour les déplacements médicaux et les collaborations techniques.

Quatorze accords pour ancrer la coopération dans la durée

L’annonce sur les visas s’inscrit dans un ensemble plus large de quatorze accords couvrant des domaines clés : économie, éducation, culture, investissements et coopération institutionnelle. Ces textes visent à structurer des partenariats ambitieux, comme le renforcement des bourses d’études, la protection réciproque des investissements ou encore le partage d’expertises dans les industries créatives. Les deux parties se sont engagées à mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux pour garantir l’application concrète de ces accords. L’objectif ? Éviter que ces engagements ne restent lettre morte et assurer une mise en œuvre rapide sur le terrain.

Un modèle pour l’intégration africaine

Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de coopération Sud-Sud, portée par le Maroc et le Bénin. Elle reflète également la volonté du Bénin de diversifier ses partenariats et de s’intégrer davantage dans l’économie continentale. En facilitant la libre circulation des personnes et des biens, Cotonou et Rabat envoient un message fort à l’échelle de l’Afrique. L’intégration continentale se construit aussi par des actions bilatérales concrètes. Il ne reste plus qu’à finaliser les aspects techniques et juridiques de cette exemption, qui promet de révolutionner le quotidien des citoyens des deux pays.