Bénin: à lobogo, le fief de Paul Hounkpè à l’épreuve des élections présidentielles
À l’approche du scrutin présidentiel, le village de Lobogo, situé dans la commune de Bopa, est en pleine effervescence. Ce lieu est un symbole pour Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), où il joue une part importante de sa crédibilité politique. Entre soutien fervent et critiques de certains opposants, ce bastion de l’ancien maire se retrouve au cœur des enjeux de l’élection du 12 avril.
L’atmosphère à Lobogo est électrique, marquée par les slogans et la poussière soulevée par les rassemblements. Dans ce village où Paul Hounkpè a grandi et affirmé sa carrière politique, chaque rue semble vibrer aux couleurs de la « Cauris ». Alors que l’échéance de dimanche se rapproche, les partisans du candidat d’une opposition modérée intensifient leurs réunions de proximité, juste avant le début du silence électoral prévu vendredi à minuit.
« l’enfant du pays » face à l’épreuve de la légitimité
Pour les militants présents sur place, Paul Hounkpè est plus qu’un simple chef de parti : il est considéré comme « l’enfant du pays ». Fort de son passé de maire de Bopa, il bénéficie d’un ancrage solide et d’une proximité historique avec les habitants. « Il connaît nos réalités, il a géré nos problèmes ici à Lobogo », affirme un jeune partisan, arborant un foulard vert.
Cependant, cette campagne électorale est unique en son genre. Les FCBE abordent ce scrutin dans un contexte de profondes divisions au sein de l’opposition. Privé du soutien du parti Les Démocrates, dont la candidature a été rejetée, Paul Hounkpè doit prouver qu’il représente une alternative crédible face à Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir.
l’ombre de l’abstention et le poids des absents
À Lobogo, le débat sur le statut de « l’opposition modérée » est omniprésent. Si les militants FCBE se mobilisent activement, une partie de la population observe avec prudence cette élection, marquée par l’absence des figures majeures de l’opposition radicale.
« Nous voterons parce que Paul est l’un des nôtres, mais notre cœur n’y est pas entièrement, car tous les enfants du Bénin ne sont pas en lice », confie un ancien du village, assis sous un iroko. L’objectif pour le candidat Hounkpè est clair : transformer sa popularité locale en un vote de défiance envers la gouvernance actuelle, tout en luttant contre les appels au boycott et l’indifférence qui touchent une partie de l’électorat.
une fin de campagne sous haute tension
Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, la campagne de Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir, se poursuit à travers le pays avec des moyens importants, mettant en avant les réalisations des dix dernières années. Face à cette démonstration de force, Paul Hounkpè mise sur le terrain et le contact direct avec les électeurs.
À Lobogo, les réunions se prolongent tard dans la nuit. Vendredi, à minuit, le silence reviendra. Pour Paul Hounkpè, le test de Lobogo sera déterminant : un score élevé dans son fief est essentiel pour rivaliser avec Romuald Wadagni et prouver que les FCBE demeurent la principale force d’opposition structurée du pays, malgré les difficultés rencontrées.
Dimanche, les bureaux de vote ouvriront à 7 heures. Lobogo sera alors scruté de près par les observateurs, comme un indicateur de la capacité de l’opposition à se maintenir dans le jeu politique.