Au Bénin, 1,9 million d’écoliers mangent désormais à la cantine chaque jour de classe

Le programme de cantines scolaires du Bénin vient de franchir un cap symbolique. Pour cette rentrée 2026-2027, ce sont près de 1,9 million d’élèves qui reçoivent un repas chaud à l’école, contre 1,4 million un an plus tôt. En douze mois, environ 500 000 enfants ont donc rejoint le dispositif, confirmant la place centrale de l’alimentation scolaire dans la politique sociale et éducative du pays.
Une montée en puissance continue depuis 2016
L’élargissement du programme ne date pas d’hier. En 2016, seuls 30 % des écoles disposaient d’une cantine fonctionnelle. Six ans plus tard, en 2022, ce taux avait grimpé à 75 %, portant le nombre de bénéficiaires à plus de 1,1 million. La progression observée aujourd’hui s’inscrit donc dans une dynamique de long terme, portée par une volonté politique affirmée.
Avec 1,9 million d’enfants touchés pour la rentrée 2026-2027, l’ambition affichée est claire : faire de la cantine un outil durable de lutte contre la faim et de soutien à la scolarisation. Le gouvernement béninois considère ce dispositif non pas comme une simple aide ponctuelle, mais comme un véritable investissement dans le capital humain du pays.
Un bol de riz qui allège le budget des ménages
Pour les familles, l’impact se mesure d’abord au quotidien. Dans de nombreux foyers, assurer le déjeuner d’un enfant scolarisé représente une charge financière non négligeable. Lorsque l’école prend en charge ce repas, les parents peuvent réorienter une partie de leurs ressources vers d’autres besoins essentiels : fournitures, vêtements, santé ou alimentation des autres membres du ménage.
L’effet est aussi pédagogique. Un élève qui mange à sa faim est plus attentif, participe davantage et apprend dans de meilleures conditions. La cantine devient ainsi un levier direct d’amélioration des résultats scolaires, en particulier pour les enfants issus des milieux les plus modestes.
Des moyens financiers en forte hausse
Derrière ces chiffres, il y a un engagement budgétaire considérable. Le financement des cantines est passé de 1,5 milliard de FCFA en 2016 à 48,7 milliards de FCFA en 2022. Pour l’exercice 2025, plus de 29 milliards de FCFA ont été inscrits dans la loi de finances au profit du programme.
Ces montants traduisent une priorité claire : l’État béninois mise sur l’alimentation scolaire pour agir simultanément sur la nutrition, l’éducation et la réduction des inégalités. L’objectif n’est pas seulement de nourrir, mais de créer les conditions d’une scolarité réussie et durable.
Quand les cantines font vivre l’agriculture locale
Le dispositif présente un autre atout : son ancrage économique. Les cantines génèrent une demande régulière et massive en produits alimentaires. En privilégiant les achats auprès des producteurs nationaux, le programme ouvre des débouchés concrets pour le monde agricole.
Les données officielles font état de plus de 13 milliards de FCFA d’achats de vivres réalisés auprès des producteurs locaux en 2024. Ce mécanisme crée un cercle vertueux : les enfants sont nourris, les familles respirent et les agriculteurs écoulent leur production dans de meilleures conditions.
Un pari sur l’avenir du Bénin
Avec 1,9 million de bénéficiaires et 500 000 nouveaux enfants intégrés en un an, le programme change d’échelle. L’ambition affichée est de tendre vers une couverture toujours plus large des écoles publiques, afin que l’alimentation scolaire devienne un pilier permanent de la politique éducative et sociale.
En finançant des repas, l’État béninois investit en réalité dans bien plus : la santé des enfants, la stabilité des familles, le dynamisme de l’économie rurale et, en définitive, la richesse humaine qui fera le Bénin de demain.