A l’ONU Washington dénonce les violences contre des millions d’enfants en RDC : « Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité »

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Les États-Unis ont renouvelé leur appel à une meilleure protection des enfants pris dans les conflits armés, en mettant particulièrement en lumière la situation préoccupante en République démocratique du Congo (RDC). Cette déclaration a été faite lors de la 10 182e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies, consacrée à la question des enfants et des conflits armés à travers le monde.

S’exprimant au nom du gouvernement des États-Unis, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales auprès de la Mission des États-Unis aux Nations Unies, a rappelé que les enfants continuent de payer le plus lourd tribut des guerres qui secouent plusieurs régions du monde.

« Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a déclaré la diplomate, reprenant un message précédemment porté par la Première dame Melania Trump lors d’une réunion du Conseil de sécurité en mars dernier. À cette occasion, elle avait attiré l’attention sur les conséquences dévastatrices des conflits internationaux pour les enfants.

La RDC parmi les principales préoccupations

Au cours de son intervention, Jennifer Locetta a cité la République démocratique du Congo parmi les pays où les violations des droits des enfants demeurent particulièrement graves. Les États-Unis ont condamné ces exactions, estimant que les enfants congolais continuent d’être les premières victimes des affrontements persistants entre les groupes armés dans l’est du pays.

« Dans les zones de conflit à travers le monde, les enfants sont confrontés à de nombreuses menaces. Au Soudan, des cas d’enfants chassés de chez eux, séparés de leurs familles et victimes de violences sexuelles sont signalés. En République démocratique du Congo, des millions d’enfants subissent la menace de violences, de déplacements forcés et de violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons fermement ces violences et, sous la Présidence de Trump, les États-Unis continuent de faire de la paix une priorité », a-t-elle affirmé dans son discours mercredi 24 juin 2026.

Les enfants, premières victimes des conflits 

L’ambassadrice américaine a souligné que les enfants ne sont pas seulement des victimes collatérales des guerres, mais qu’ils sont souvent directement pris pour cibles. Selon elle, les conflits compromettent également leur accès à une éducation sûre et de qualité, alimentant un cercle vicieux de pauvreté, d’instabilité et de violences qui se transmet de génération en génération.

« Trop souvent, les conflits privent les enfants d’une éducation fiable et sûre, leur coupant les portes de l’avenir et compromettant leurs perspectives. Comme chacun sait, il en résulte un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se transmet de génération en génération, alimentant de nouveaux conflits et sapant la stabilité mondiale et la prospérité économique. Partout dans le monde, les enfants méritent de se sentir en sécurité, d’être éduqués et d’avoir un avenir. En prenant des mesures pour les protéger, nous préservons notre avenir collectif et contribuons à mettre fin aux conflits persistants », a-t-elle fait remarquer dans son discours.

Des critiques contre le rapport de l’ONU 

La diplomate américaine a également critiqué le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés (CAAC), estimant qu’il ne contribue pas à renforcer la protection des enfants dans les zones de guerre.

Selon Jennifer Locetta, « le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés (CAAC) ne nous rapproche pas de cet objectif « . Elle a affirmé que le document présente « une vision erronée des dommages causés aux civils au regard du droit de la guerre « , faisant valoir que  » le meurtre délibéré d’enfants par les Houthis ou d’autres groupes armés malveillants constitue une violation grave ; le meurtre accidentel de civils par les forces armées d’un État n’en est pas une ».

Pour la représentante américaine, ce rapport illustre une nouvelle fois « comment l’ONU consacre du temps et des ressources à des initiatives incompatibles avec les intérêts et la souveraineté des États membres ».

« Ce rapport ne fait que conforter la décision des États-Unis de se retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. Il nuit davantage à la crédibilité de ce bureau en assimilant à tort les actions des forces armées américaines à celles des terroristes houthis. La protection des enfants demeure une priorité pour les États-Unis. Nous continuons d’appeler à des mesures concrètes pour empêcher que des enfants ne soient impliqués dans des conflits armés. La publication de rapports politisés et inexacts ne permettra pas d’atteindre ces objectifs », a-t-elle lancé dans son discours.

Un appel à une action internationale 

Au-delà de la RDC, les États-Unis ont également évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, appelant les différentes parties aux conflits à mieux protéger les enfants contre les violences, les déplacements forcés et les violations graves de leurs droits. Pour Washington, la protection des enfants demeure un enjeu essentiel pour favoriser la paix et la stabilité à long terme dans les régions affectées par les conflits armés.

Les effets du conflit sur les enfants en République démocratique du Congo se manifestent principalement à travers six violations graves, à savoir : le recrutement et l’utilisation d’enfants, les meurtres et les atteintes à leur intégrité physique, les viols et autres formes de violences sexuelles commis à leur encontre, les attaques contre les établissements scolaires, les hôpitaux ainsi que les personnes protégées qui leur sont liées, les enlèvements d’enfants et le refus de l’accès à l’aide humanitaire.

Si la situation était déjà préoccupante, elle s’est davantage détériorée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, qui occupe actuellement de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en dépit des initiatives diplomatiques menées par les États-Unis d’Amérique, le Qatar et l’Union africaine.

Clément MUAMBA

 

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